Photo d’Histoire • Le bulletin de notes d’Albert Einstein (1896)

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UUn mythe, ou plutôt une semi-réalité, veut qu’Albert Einstein fut un cancre à l’école. C’est en partie vrai, notamment du fait de son refus constant de l’autorité (il a jeté une chaise à l’un de ses professeurs !), et il souffrait d’une dyslexie handicapante. Qui plus est, il aurait prononcé ses premiers mots assez tard, à l’âge de 2 ans, ce qui alimente cette idée. Mais qu’en est-il de ses notes ?

La photo présentée ici correspond, justement, à un bulletin de notes d’Einstein, datant de 1896, alors qu’il était dans le secondaire. Une image d’archive rare, parlante mais soumise à de nombreuses erreurs d’interprétation. Nos explications.

On y voit un 6 en physique et en géométrie, un 5 en Histoire naturelle, un 5 en littérature allemande, un 3 en Français, etc. Ce bulletin peut donc, si l’on va trop vite (comme c’est souvent le cas à l’ère d’Internet), alimenter un certain quiproquo selon le référentiel de notation utilisé : si l’on se base sur le système français qui va de 0 à 20, évidemment, ce sont de très mauvaises notes. Dans de nombreux autres pays, ces chiffres relèvent également a priori de mauvaises notes.

Einstein étant allemand, et la langue du document aussi, une approche hâtive consiste à se dire fièrement que la réponse est tout bêtement là, et lire ces notes avec le système de notation allemand, dans lequel les notes vont de 1 à 6, le 1 étant la meilleure note et le 6 la pire. Mais c’est tout autant une erreur, et sûrement la plus propagée actuellement sur la toile.

La clé se trouve tout simplement dans l’en-tête du document. Le bulletin photographié ici provient en effet de l’École Cantonale d’Aarau (Kantons Aargau), où Einstein y a suivi une année « préparatoire » pour mieux réussir le concours d’entrée à l’École polytechnique de Zurich. Or, le canton d’Aarau et l’établissement scolaire lié sont situés en Suisse, où le système de notation est… l’exact inverse qu’en Allemagne. Les notes vont de 1 à 6, mais la 6 est la meilleure note tandis que la 1 est la pire. Cela donne ceci : 1 = nul, 2 = très mauvais, 3 = mauvais, 4 = suffisant, 5 = bon, 6 = excellent.

Si on lit le document sous l’égide de cette clarification, on constate donc que c’est un relevé de notes loin d’être mauvais… bien au contraire !

En réalité, Einstein était un élève assez irrégulier dans ses résultats. La raison pour laquelle il a d’ailleurs rejoins le fameux lycée d’Aarau d’où est tiré ce bulletin, c’est parce qu’il avait raté l’examen d’entrée à l’École polytechnique de Zurich. Lors du concours, ses notes en chimie, biologie et en français étaient catastrophiques, mais en revanche en maths et en physique ses résultats étaient brillants. Le directeur de l’établissement, décelant alors un talent chez ce drôle d’élève, lui propose de retenter l’année suivante, et il réussira haut la main lors de cette seconde tentative.

Une chose restera certaine : Albert Einstein n’aimait pas l’école, et l’a très mal vécu. Tout au long de sa vie, et de ses écrits, il dénoncera les méthodes scolaires : « La plupart des enseignants perdent leur temps à poser des questions tournées de manière à découvrir ce qu’un élève ne sait pas, alors que le véritable art de l’interrogation a pour but de découvrir ce qu’un élève sait ou est capable de savoir. (…) Il vaudrait mieux ne commencer à enseigner aux autres qu’après avoir appris vous même quelque chose » écrira-t-il par exemple.

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