Atteinte à la liberté de la presse : une correspondante de la BBC expulsée de la Russie

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La correspondante de la BBC, Sarah Rainsford devrait quitter la Russie avant le 31 août 2021. Pour plusieurs médias, cette décision est une riposte de la Russie face aux récentes mesures du Royaume-Uni concernant des Russes. Décryptage dans cet article.

Un probable règlement de compte

D’ici à la fin du mois, Sarah Rainsford, correspondante de la BBC en Russie, est tenue de quitter le pays. C’est le délai qui lui est accordé par les autorités russes. Cette information a été spécialement relayée par la télévision Rosaï 24 le 12 août 2021. La chaîne de télévision estime que ce bannissement est une « expulsion symbolique ».

D’après les informations de Rosaï 24, le visa de Sarah Rainsford expirerait le 31 août 2021. Pour l’heure, les autorités russes ne comptent pas renouveler le visa de la correspondante. Il s’agirait d’une réponse parallèle à une récente décision des autorités britanniques.

En effet, Londres a refusé d’octroyer un nouveau visa à plusieurs ressortissants russes. Ces derniers étaient principalement des journalistes qui travaillent au Royaume-Uni. Parmi les personnes concernées, on retrouve quelques journalistes de « Spoutnik » et de « RT ». Cette décision n’avait pas réjoui la Russie qui n’a pas manqué d’exprimer son indignation.

crédit : pixabay

Une triste nouvelle pour Sarah Rainsford

Pour Sarah Rainsford, cette décision de l’État de ne pas renouveler son visa est un désastre. Cette dernière aurait passé près du tiers de sa vie en Russie. Ainsi donc, quitter le pays après plusieurs années de dur labeur est une situation bien triste. La correspondante de la BBC n’a pas manqué de remercier tous ceux qui lui adressent des messages de soutien.

Selon les propos de la journaliste, aucun retour en Russie n’est envisageable. Techniquement, la correspondante estime que le non-renouvellement de son visa est probablement un échec. Sarah Rainsford est « extrêmement triste » de devoir quitter la Russie de sitôt.

La journaliste a aussi dévoilé une partie des explications qu’ont apportées les autorités russes pour soutenir leurs décisions. Les autorités ont fait référence au cas d’un correspondant russe dont le visa n’a pas été renouvelé. Ces derniers ont également rappelé à la journaliste les diverses sanctions britanniques à l’endroit des ressortissants russes.

Ces sanctions étaient relatives à des faits de corruption ou la violation des droits humains en Tchétchénie. Il faut aussi noter que le gouvernement russe a fréquemment dénoncé des dérives des médias occidentaux. Ces médias sont souvent accusés de diffuser des contenus « russophobes ». Toutefois, la Russie expulsait rarement des journalistes.

Que disent les autorités de la BBC ?

Dans un communiqué diffuser le vendredi soir, la BBC affirme que : « L’expulsion de Sarah Rainsford (l’un des deux correspondants anglophones de la BBC à Moscou) est une atteinte à la liberté de la presse, que nous condamnons sans réserve ». Cette décision de bannissement de la correspondante est donc fustigée.

La BBC demande aux autorités russes de revoir leur décision. La chaîne affirme continuer les reportages dans la région en toute indépendance et de façon impartiale. Ceci jusqu’à ce que les deux parties trouvent une issue favorable. Le groupe britannique a apprécié Sarah de « journaliste exceptionnelle et intrépide ».

La riposte face à une persécution

Du côté de la Russie, la nouvelle fut annoncée avec un peu de retenue. C’est la porte-parole qui a rendu la décision publique par un message sur Telegram. Maria Zakharova a affirmé que les raisons d’une telle décision ont été expliquées à des représentants de la BBC. Ceux-ci se sont rendus au ministère des Affaires étrangères.

La porte-parole a également fait mention des décisions concernant le non-renouvellement des visas de plusieurs correspondants russes par Londres. Selon une porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Moscou avait averti Londres suite à ces multiples décisions qu’elle qualifie de « Persécution ».

Face à ces allégations, la réponse de l’ambassade du Royaume-Uni à Moscou ne s’est pas fait attendre. L’ambassade réfute toutes ces allégations. Il affirme également que plusieurs correspondants russes continuent de travailler au Royaume-Uni. Ces journalistes sont libres d’exercer en respectant les règles établies par le gouvernement britannique, à stipuler l’ambassade.

Depuis peu, les relations diplomatiques entre Londres et Moscou sont très tendues. Le gouvernement britannique accuse la Russie d’utiliser des poisons pour atteindre des opposants au régime de Vladimir Poutine en exile, au Royaume-Uni. La Russie a de son côté identifié des ressortissants britanniques accusés d’être engagés dans des activités antirusses. Dès lors, les procédures judiciaires se multiplient.

 

 

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