BepiColombo entame sa phase d’approche finale vers Mercure

La sonde BepiColombo vient de franchir une étape clé de son long voyage vers Mercure. Le 3 septembre 2026, la mission conjointe de l’Agence spatiale européenne (ESA) et de l’agence spatiale japonaise JAXA a séparé son module de transfert des deux orbiteurs scientifiques qu’il transportait depuis huit ans, ouvrant officiellement la phase d’approche finale de la planète la plus proche du Soleil.

Huit ans de voyage pour dompter l’attraction solaire

Lancée en 2018 depuis le Centre spatial guyanais, BepiColombo a mis huit ans à atteindre son objectif, alors qu’il ne faut que quelques mois pour rallier Mars. La raison tient à la mécanique orbitale : plus on se rapproche du Soleil, plus il faut freiner un engin pour éviter qu’il ne soit aspiré par son attraction. La sonde a donc dû enchaîner neuf survols planétaires – de la Terre, de Vénus puis de Mercure elle-même – afin de perdre progressivement de la vitesse avant de pouvoir se stabiliser en orbite. Cette prouesse d’ingénierie illustre le niveau d’exigence technologique que réclame l’exploration des confins du Système solaire.

Une manœuvre pilotée à 200 millions de kilomètres

La séparation du module de transfert s’est déroulée à environ 200 millions de kilomètres de la Terre, une distance à laquelle aucune correction en temps réel n’est possible : le signal met plusieurs minutes à parvenir jusqu’aux antennes de contrôle. La confirmation de la manœuvre a été captée par deux stations de suivi profond de l’ESA, situées en Espagne et en Argentine, chargées de recevoir les signaux radio de la sonde. Une fois séparé, le module de transfert – qui alimentait l’ensemble en énergie et en propulsion depuis le décollage – a cédé la place aux deux orbiteurs scientifiques, désormais livrés à leur propre pilotage pour les prochaines semaines. Ce type d’exploit rappelle celui réalisé récemment par l’astronaute française Sophie Adenot, retournée dans le vide spatial pour réparer une antenne de l’ISS, autre démonstration de la capacité européenne à opérer des interventions techniques complexes loin de la Terre.

Deux orbiteurs pour percer les mystères de Mercure

La mission BepiColombo embarque en réalité deux engins distincts. Le premier, le Mercury Planetary Orbiter (MPO), conçu et piloté par l’ESA, doit cartographier la surface de la planète et analyser sa composition chimique. Le second, Mio (Mercury Magnetospheric Orbiter), développé par la JAXA, est chargé d’étudier le champ magnétique et l’exosphère très ténue qui entoure Mercure. Les deux orbiteurs s’intéressent notamment à la présence possible de glace d’eau dans certains cratères polaires, jamais exposés à la lumière du Soleil malgré des températures de surface qui dépassent 400°C côté jour. L’Europe multiplie ainsi les missions d’observation à distance, à l’image du nouveau satellite météorologique qui scrute désormais les orages sur le continent toutes les deux minutes et demie, preuve que l’instrumentation spatiale européenne gagne en précision sur tous les fronts, du proche au lointain.

Prochaines étapes : ce qui est confirmé, ce qui reste à venir

Selon le calendrier communiqué par l’ESA, l’insertion en orbite autour de Mercure est prévue pour le 21 novembre 2026, avant que le MPO et Mio ne se séparent définitivement l’un de l’autre entre le 9 et le 10 décembre 2026. Ces dates restent des prévisions de mission, susceptibles d’ajustements selon le bon déroulement des manœuvres à venir : seule la séparation du module de transfert du 3 septembre est, à ce stade, un fait acquis. Les scientifiques associés au projet espèrent, une fois les données collectées, mieux comprendre la formation des planètes telluriques proches d’une étoile, une question qui dépasse le seul cas de Mercure et nourrit aussi la recherche sur les exoplanètes. Ce rendez-vous céleste, suivi de près par les amateurs d’astronomie, rappelle aussi que l’exploration spatiale reste indissociable des enjeux plus larges du secteur high-tech, qui fournit une part croissante des instruments embarqués à bord de ce type de mission. Les curieux qui aiment lever les yeux au ciel se souviennent aussi de l’éclipse solaire du mois d’août dernier, un autre rendez-vous qui avait captivé le grand public.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la mission BepiColombo ?

BepiColombo est une mission spatiale conjointe de l’Agence spatiale européenne (ESA) et de l’agence spatiale japonaise (JAXA), lancée en 2018 pour étudier Mercure, la planète la plus proche du Soleil, à l’aide de deux orbiteurs scientifiques distincts.

Pourquoi faut-il huit ans pour atteindre Mercure ?

Parce qu’il faut freiner considérablement un engin spatial pour qu’il ne soit pas capturé par l’attraction du Soleil en s’en approchant. BepiColombo a dû réaliser plusieurs survols planétaires successifs afin de perdre de la vitesse progressivement, avant de pouvoir se stabiliser en orbite autour de Mercure.

Quand la sonde entrera-t-elle définitivement en orbite autour de Mercure ?

Selon le calendrier communiqué par l’ESA, l’insertion en orbite est prévue le 21 novembre 2026, avant la séparation des deux orbiteurs scientifiques entre le 9 et le 10 décembre 2026.

Sources

Sci.NewsCité de l’EspaceTime.news

Marion

Je m’appelle Marion Lafon, j’ai 25 ans, et je regarde les médias comme d’autres regardent le ciel : avec fascination, mais toujours un peu méfiante. Je suis analyste médias indépendante, passée par une école de journalisme… que j’ai quittée juste avant le diplôme. Pourquoi ? Parce qu’on m’y apprenait à parler vite, mais pas à penser long. Je préfère les contrechamps aux angles, les doutes aux scoops, et les lectures critiques aux punchlines prémâchées. En 2022, j’ai créé Widemedia, un magazine libre qui observe les observateurs et décrypte ceux qui décryptent. 🎯 Ma mission ? Comprendre comment l’information est produite, sélectionnée, diffusée, déformée, digérée. Pas seulement ce qui est dit, mais comment, pourquoi, par qui, et avec quels effets. Je m’intéresse : aux mécanismes de l’agenda médiatique aux angles morts de l’info aux relations entre pouvoir et presse à la désinformation douce, celle qui ne se voit pas mais modèle l’opinion aux formats émergents (podcasts natifs, newsletters, chaînes YouTube, TikTok info) à la manière dont les publics (dés)engagent face à tout ça Sur Widemedia, je propose : des analyses de traitement médiatique (comment un même fait est raconté différemment selon les rédactions) des cartographies de l’écosystème info (propriété des médias, dépendances économiques, bulles de filtre) des entretiens avec journalistes critiques, chercheurs, créateurs indépendants et parfois… des billets personnels, quand l’actualité me traverse trop fort 🧠 Ce qui me rend différente ? Je suis obsessionnelle de la veille média, mais à l’ancienne. Je fais ça sans algorithme : flux RSS, lectures croisées, journaux papier, podcasts du matin au soir. Mais surtout, j’ai une passion un peu étrange : je collectionne les erreurs médiatiques corrigées discrètement. Tu sais, ces petits encadrés planqués en bas de page ou ces tweets “rectificatifs” publiés 24h après le buzz ? Je les archive. Je les analyse. J’en fais une rubrique : “Erratum”, qui raconte une autre histoire de l’info. Une histoire qu’on oublie trop vite. 🗣️ Mon ton ? Ni cynique, ni naïf. Je ne tape pas pour exister, je n’encense pas pour exister. J’écris pour décortiquer, comprendre, et parfois remettre en cause les évidences confortables. Mon ton est : rigoureux, mais vivant critique, mais pas agressif narratif, mais jamais flou Je fais des phrases longues quand le sujet l’impose. Et très courtes quand je suis en colère. 🪪 En résumé Je suis Marion Lafon, une lectrice obsessionnelle, une chasseuse de récits cachés, et une analyste indépendante des mécaniques médiatiques. Sur Widemedia, je t’invite à ne pas seulement lire l’info, mais à la regarder de l’extérieur. Parce qu’on ne peut pas se libérer de ce qu’on ne comprend pas. Bienvenue dans la salle des machines.

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