Trois mois après l’entrée en vigueur du remboursement de Wegovy et Mounjaro, les premiers chiffres tombent : la demande pour ces deux médicaments contre l’obésité a littéralement bondi dans les officines françaises. Entre juin et fin août 2026, les pharmacies ont délivré près de deux fois plus de boîtes qu’avant la prise en charge par l’Assurance Maladie, un signal fort sur l’ampleur des besoins jusqu’ici freinés par le prix.
Une hausse de 74 % des délivrances en trois mois
Selon les données du secteur, 535 995 boîtes de Wegovy (Novo Nordisk) et de Mounjaro (Lilly) ont été délivrées en pharmacie entre le 15 juin et le 30 août 2026, contre 308 940 boîtes sur la période précédente, du 30 mars au 14 juin. Soit une progression de près de 74 % des ventes en l’espace de quelques semaines. Une accélération qui confirme que le frein principal à l’usage de ces traitements était bien le coût, et non l’absence de demande.
Sur les huit premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires généré par cette classe de médicaments a progressé de 221 millions d’euros, dépassant même la progression enregistrée par les inhibiteurs d’interleukines, pourtant très dynamiques. Le laboratoire Lilly France, qui commercialise le Mounjaro, en profite directement : il a gagné deux places au classement des laboratoires pharmaceutiques et intègre désormais le top 10, porté par une croissance proche de 40 %, la plus forte des dix principaux acteurs du marché du médicament remboursable en ville.
Qui peut en bénéficier ?
Le remboursement, entré en vigueur le 15 juin 2026 après une annonce de la ministre de la Santé fin mai, n’est pas ouvert à tous. Il cible les adultes en situation d’obésité sévère, sous conditions strictes :
- un indice de masse corporelle (IMC) égal ou supérieur à 40 kg/m², sans comorbidité associée ;
- ou un IMC égal ou supérieur à 35 kg/m², en présence d’une comorbidité liée au poids ;
- après échec démontré d’une prise en charge nutritionnelle bien conduite, définie par une perte de poids inférieure à 5 % en six mois.
La prise en charge s’élève à 65 % du prix, et grimpe à 100 % pour les patients reconnus en affection de longue durée (ALD). Autre condition importante : la première prescription doit obligatoirement émaner d’un spécialiste exerçant dans une structure habilitée pour la prise en charge de l’obésité, le médecin traitant pouvant ensuite assurer le renouvellement mensuel de l’ordonnance.
Un tournant après des mois de prix libre
Avant cette prise en charge, Wegovy et Mounjaro étaient disponibles en pharmacie depuis fin 2024, mais à un tarif fixé librement par chaque officine, oscillant entre 180 et plus de 440 euros par mois selon les enseignes. Un montant qui écartait de fait une partie des patients concernés par une obésité sévère, en particulier ceux ne disposant pas d’une mutuelle santé couvrant ce type de traitement. Le remboursement partiel change la donne budgétaire pour de nombreux foyers, dans un contexte où le pouvoir d’achat reste une préoccupation majeure.
Du côté des professionnels, cette montée en charge implique aussi une meilleure anticipation des stocks. Les patients sont invités à vérifier la disponibilité de leur traitement auprès de leur pharmacie habituelle, certaines spécialités ayant déjà connu des tensions d’approvisionnement ponctuelles signalées par les autorités sanitaires. Ce nouveau poste de dépense pour l’Assurance Maladie s’inscrit par ailleurs dans un ensemble plus large de changements réglementaires entrés en vigueur à la rentrée, comme le rappelle notre article sur les évolutions liées aux arrêts maladie au 1er septembre. Pour les ménages qui surveillent leur budget santé, ces ajustements successifs méritent d’être suivis de près, au même titre que les habitudes de consommation au quotidien.
Reste à voir si cette dynamique se maintient dans la durée, et comment l’Assurance Maladie ajustera, le cas échéant, le périmètre des patients éligibles au vu du coût croissant pour les finances publiques.
Questions fréquentes
Depuis quand Wegovy et Mounjaro sont-ils remboursés en France ?
Le remboursement est entré en vigueur le 15 juin 2026, après une annonce de la ministre de la Santé fin mai 2026, et concerne les patients adultes répondant à des critères précis d’IMC et d’échec d’une prise en charge nutritionnelle.
Quel est le taux de remboursement de ces médicaments ?
La prise en charge s’élève à 65 % du prix pour la majorité des patients éligibles, et à 100 % pour les personnes reconnues en affection de longue durée (ALD).
Qui peut prescrire Wegovy ou Mounjaro dans ce cadre ?
La première prescription doit venir d’un spécialiste exerçant dans une structure habilitée pour la prise en charge de l’obésité ; le médecin traitant peut ensuite renouveler l’ordonnance chaque mois.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
