À partir du 2 août 2026, une nouvelle vague du règlement européen sur l’intelligence artificielle, l’AI Act, devient applicable. Une idée reçue circule pourtant depuis l’adoption du paquet de simplification « Digital Omnibus » : tout aurait été repoussé. C’est faux. Le report concerne certaines briques, mais une partie du texte s’impose bel et bien dès cet été. Voici ce qui change concrètement, et pourquoi cela concerne aussi bien les entreprises que le grand public.
Entré en vigueur en 2024, l’AI Act s’applique par étapes. Au printemps 2026, la Commission européenne a proposé un « Digital Omnibus » pour alléger et étaler certaines obligations. Le Parlement européen l’a adopté le 16 juin 2026, le Conseil l’a validé le 29 juin, et l’acte a été signé le 8 juillet 2026.
Ce que ce paquet décale, ce sont surtout les règles sur les systèmes dits « à haut risque » :
Autrement dit, les entreprises qui redoutaient une mise en conformité lourde dès cet été gagnent du temps. Mais elles ne sont pas exonérées de tout.
Plusieurs obligations ne sont pas concernées par le report et deviennent pleinement effectives. La plus visible pour le public est la transparence prévue par l’article 50 du règlement :
Au-delà de la transparence, le 2 août 2026 marque aussi l’entrée en jeu des pouvoirs de surveillance et de sanction des autorités nationales, l’ouverture des bacs à sable réglementaires destinés à tester des innovations dans un cadre contrôlé, et la montée en puissance du Bureau européen de l’IA chargé de superviser les modèles d’IA à usage général (GPAI). Ce dernier peut désormais ouvrir des enquêtes sur les grands modèles.
Le règlement prévoit une échelle d’amendes dissuasive. Les manquements les plus graves, comme le recours à des pratiques d’IA interdites, exposent à des sanctions pouvant atteindre 35 millions d’euros ou 7 % du chiffre d’affaires mondial. Les autres obligations, dont la transparence, peuvent être sanctionnées jusqu’à 15 millions d’euros ou 3 % du chiffre d’affaires. Un dispositif transitoire est prévu pour le marquage des contenus déjà en circulation avant le 2 août 2026.
Pour une entreprise française qui utilise un chatbot, un outil de génération d’images ou un assistant de rédaction, la question n’est plus « faut-il s’y intéresser ? » mais « comment se mettre en règle ? ». Le point le plus simple à traiter est justement l’affichage de la nature artificielle des contenus et des échanges. Pour le citoyen, l’enjeu est concret : savoir quand on interagit avec une IA et repérer un contenu synthétique devient un droit opposable. C’est un pas important pour la confiance dans le numérique, à l’heure où les frontières entre vrai et faux se brouillent. Pour aller plus loin, retrouvez nos analyses en Droit et Justice, nos décryptages High Tech – Numérique et nos dossiers Business – Entreprise.
Non. Il aménage le calendrier en repoussant certaines obligations sur les systèmes à haut risque, mais l’AI Act reste en vigueur et de nouvelles règles s’appliquent dès le 2 août 2026.
Oui. L’article 50 impose d’informer l’utilisateur qu’il dialogue avec un système d’intelligence artificielle, sauf lorsque cela est évident pour une personne raisonnablement avertie.
Jusqu’à 35 millions d’euros ou 7 % du chiffre d’affaires mondial pour les infractions les plus graves, et jusqu’à 15 millions d’euros ou 3 % pour d’autres manquements comme la transparence.
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