Guadeloupe : lutte pour l’autonomie de l’île

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Le coronavirus donne naissance à plusieurs autres crises. Les soulèvements se multiplient partout dans le monde contre l’obligation vaccinale. Les Guadeloupéens fustigent l’imposition du vaccin sur le territoire par la métropole. Cette contestation a suscité de vives tensions et des milliers de personnes ont pris d’assaut les rues pour manifester leur mécontentement. Les manifestants demandent l’autonomie de l’île, qui pourrait enfin prendre ces propres décisions. Que se passe-t-il réellement ? Quels sont les plausibles changements si l’autonomie est acceptée ?

L’intervention du ministre d’outre-mer

En Guadeloupe, la tension monte de partout. Plusieurs voix s’élèvent pour réclamer l’autonomie de l’île. Ces contestations font suite à l’obligation du « pass vacinal » dans la lutte contre le coronavirus. C’est dans ce contexte que, Sébastien Lecornu, ministre d’outre-mer s’est rendu sur ce territoire le 28 novembre 2021.

Au cours de sa visite, le ministre n’a pas manqué de condamner les actes de violence de certains manifestants. Cependant, il s’est dit prêt à ouvrir la voie de dialogue avec les autorités de l’île. Il faut notifier que la grande majorité des responsables sont favorable pour l’autonomie de la Guadeloupe et alimente la crise.

Qu’est-ce que l’autonomie ?

L’autonomie est bien différente de l’indépendance. C’est ce que souligne le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmani, lorsqu’il affirme que l’autonomie n’est « évidemment pas le débat sur l’indépendance ». Ainsi donc, la Guadeloupe voudrait juste voir changer son statut. Il ne s’agit aucunement d’un désir d’indépendance complète vis-à-vis de la métropole.

En effet, grâce à l’autonomie, les autorités locales peuvent obtenir d’autres prérogatives. On peut citer celle de l’État qu’il serait possible de délocaliser. C’est l’article 74 de la Constitution qui explique le régime d’autonomie. Actuellement, la constitution prévoit une loi pour fixer le statut d’une région. D’autres lois permettent de définir les lois qui doivent s’appliquer.

La liberté de prise de décisions dépend du degré d’autonomie de chaque territoire. Les possibilités de prises de décisions des autorités dépendent fortement de cet indice. Ainsi donc ; lorsqu’un territoire est entièrement automne, les autorités sont libres de prendre un certain nombre de décisions.

À quoi doit-on s’attendre ?

Selon Gérald Darmani, « L’autonomie c’est à la fois la décentralisation pour l’outre-mer et ça pourrait s’apparenter à un statut comme la Polynésie française qu’on a aujourd’hui ». Toujours selon ces propos, la Polynésie est entièrement un territoire français où siège l’armée française. Cependant, les autorités sont libres de prendre des décisions relatives à l’économie et aux aspects sociaux du territoire.

En ce qui concerne l’obligation vaccinale, les enjeux sont assez clairs. Pour l’instant, les décisions prises en France sont directement applicables sur l’île. Mais, si la Guadeloupe obtient son autonomie, les autorités seront libres d’instaurer le « passé sanitaire » ou non. Ils pourront définir leurs propres méthodes pour lutter contre la pandémie.

Toutefois, ces derniers agiront en tenant compte des lois qui régissent les compétences locales. Les décisions de l’Élysée ne seront donc plus obligatoirement prises en compte sur l’île. Les responsables auront plus de liberté dans la prise de décisions politiques et pourront opter pour des directives en fonction des spécificités de l’île.

L’autonomie varie selon les régions

Il faut noter que l’autonomie ne donne pas les mêmes avantages sur tous les territoires. Les libertés de prises de décisions accordées peuvent fortement varier d’une zone à l’autre. Ces paramètres sont encadrés par des lois organiques, qui définissent la marge de manœuvre des autorités. En fonction donc du territoire, les prérogatives peuvent forcément être différentes.

La Polynésie française est un exemple de véritable élue. En effet, le territoire est dirigé par un chef de gouvernement élu assisté par ces collaborateurs. En outre, une assemblée est également mise en place démocratiquement. Toutes les décisions reviennent aux autorités de l’archipel et le référendum local est aussi envisageable.

Comme exemple d’autonomie, on peut aussi citer la Nouvelle-Calédonie. Le territoire possède son propre congrès, son sénat et son gouvernement. Les autorités désirent actuellement une indépendance vis-à-vis de la métropole. Deux référendums dans le cadre de cette séparation ont déjà lieu. À chaque fois, le non l’emporte. On s’attend à un troisième référendum dans le mois de décembre.

L’autonomie serait-elle accordée ?

Afin d’atteindre l’autonomie, la Guadeloupe doit nécessairement changer de régime. Pour l’instant, les collectivités d’outre-mer sont immédiatement soumises aux lois de la métropole. C’est également le cas des départements d’outre-mer. Ceci voudrait dire que l’île utilise le régime de l’identité législative. Dans le processus de changement de statut, le régime de spécialité législative et d’autonomie doit être forcément adopté.

Il est bien possible que ce désir d’autonomie ait un avis favorable de la métropole. En effet, ce n’est pas la première fois que la Guadeloupe fait ce recours. Une telle démarche avait déjà été introduite en 2003 et en 2010. Mais, la proposition fut réfutée toutes les deux fois au cours des référendums.

 

 

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