La nouvelle liste rouge des reptiles et amphibiens de France hexagonale, publiée en septembre par le Comité français de l’UICN, PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD) et la Société herpétologique de France, dresse un constat sans appel : près d’un amphibien sur cinq et un reptile sur quatre sont aujourd’hui menacés de disparition. Au-delà des chiffres, c’est la cause de ce déclin qui mérite l’attention, car elle touche un paysage familier à beaucoup de Français : la mare du jardin, le fossé en bord de champ, la zone humide au bout du chemin.
Un déclin qui s’accélère, pas qui démarre
Sur les 76 espèces évaluées lors de cette troisième actualisation de la liste rouge nationale, 17 sont désormais classées comme menacées : 7 amphibiens, 8 reptiles terrestres et 2 tortues marines. Plus préoccupant encore, la tendance au déclin concerne désormais près des deux tiers des espèces analysées. Six espèces ont vu leur statut se dégrader depuis la précédente évaluation, et aucune n’a connu d’amélioration significative. Sur 37 espèces d’amphibiens étudiées, 19 % sont menacées ; sur 39 espèces de reptiles (tortues marines incluses), la proportion grimpe à 26 %.
La vraie cause : la disparition des zones humides
Les scientifiques pointent une cause principale, largement partagée par les deux groupes : la dégradation et la fragmentation des habitats, en particulier les zones humides. Urbanisation des bords de cours d’eau, création de nouvelles infrastructures de transport, intensification des pratiques agricoles : chacun de ces facteurs grignote un peu plus les mares, étangs et prairies humides où grenouilles, tritons, lézards et couleuvres se reproduisent et hivernent. Un amphibien qui ne trouve plus de point d’eau propre à quelques centaines de mètres de son habitat terrestre ne se reproduit simplement plus.
Ce mécanisme explique pourquoi la tendance n’est pas propre à une région ou à une espèce rare et confinée : elle touche aussi des espèces autrefois communes, qui perdent du terrain année après année sans qu’aucun événement spectaculaire ne l’explique. C’est l’addition de petites pertes de zones humides, souvent invisibles à l’échelle d’un seul chantier ou d’une seule parcelle drainée, qui produit un effet cumulé à l’échelle nationale.
Ce que cela change concrètement
- Pour les collectivités : les documents d’urbanisme (PLU, SCoT) intègrent de plus en plus souvent un inventaire des zones humides à préserver, condition désormais examinée de près lors des projets d’aménagement.
- Pour les agriculteurs et propriétaires fonciers : le maintien d’une mare ou d’un fossé en eau, même modeste, conserve une valeur écologique réelle et peut s’inscrire dans des dispositifs d’aide à la biodiversité.
- Pour les jardins particuliers : une petite mare naturelle, sans poissons ni produits phytosanitaires à proximité, peut devenir un point de reproduction utile pour les amphibiens locaux.
Cette actualisation de la liste rouge s’inscrit dans un contexte plus large de vigilance sur la biodiversité française, alors que d’autres travaux récents alertent déjà sur les conséquences du changement climatique sur les milieux naturels. Les chercheurs rappellent que la hausse des températures agit souvent en double peine : elle assèche plus vite les points d’eau déjà fragilisés par l’artificialisation des sols, un phénomène documenté après l’été le plus chaud jamais enregistré en France.
Face à ce constat, les pouvoirs publics avancent plusieurs pistes de réponse, dans la continuité du plan national d’adaptation au changement climatique : cartographie plus fine des zones humides prioritaires, restauration de mares dans le cadre de programmes de renaturation, et meilleure prise en compte des continuités écologiques dans les grands projets d’infrastructure. Reste que la temporalité des deux phénomènes — déclin de la biodiversité et réchauffement climatique — ne laisse que peu de marge : les experts de l’UICN rappellent que la restauration d’une zone humide prend des années, alors que sa disparition peut se jouer en quelques semaines de travaux.
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Questions fréquentes
Combien d’espèces de reptiles et d’amphibiens sont menacées en France ?
Sur les 76 espèces évaluées par la liste rouge nationale 2026, 17 sont menacées de disparition : 7 amphibiens, 8 reptiles terrestres et 2 tortues marines.
Quelle est la principale cause du déclin de ces espèces ?
La dégradation, la destruction et la fragmentation des habitats, en particulier des zones humides, sous l’effet de l’urbanisation, des infrastructures de transport et de l’intensification agricole.
Qui a réalisé cette évaluation ?
Le Comité français de l’UICN et PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD), en collaboration avec la Société herpétologique de France, avec une publication en septembre 2026.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
