Après deux années particulièrement difficiles, le marché du meuble en France montre les premiers signes d’un ralentissement de sa chute. Selon les derniers chiffres de la filière, le repli s’est limité à 1,8 % en valeur en 2025, loin des reculs de 2023 et 2024. De quoi nourrir un optimisme encore prudent chez les fabricants et distributeurs, alors que certains segments continuent de souffrir nettement plus que d’autres.
Un repli qui s’atténue, mais qui n’est pas terminé
Le marché du mobilier domestique a perdu environ 250 millions d’euros en 2025, pour s’établir autour de 13,6 milliards d’euros, d’après les données de la filière ameublement. Ce repli de 1,8 % fait suite à deux années nettement plus sévères : -2,5 % en 2023 (14,6 milliards d’euros) puis -5,1 % en 2024. La tendance reste donc négative, mais son intensité diminue, en particulier sur le second semestre 2025, où le recul est devenu « moins prononcé et surtout moins généralisé » selon la fédération professionnelle L’Ameublement français.
Le début de l’année 2026 confirme cette fragilité persistante : en février, l’activité a encore reculé de 4,2 % par rapport à février 2025, une cinquième année consécutive de baisse pour ce mois selon l’institut IPEA. Le niveau d’activité demeure ainsi inférieur de plus de 25 % à celui de 2021, année de référence post-Covid pour le secteur.
Des segments très inégaux
Tous les rayons du meuble ne sont pas logés à la même enseigne. Sur 2024, la répartition par segment illustrait déjà de fortes disparités :
- Meuble meublant (armoires, tables, rangements) : 4,5 milliards d’euros, en recul de 5,3 %
- Cuisine intégrée : 3,7 milliards d’euros, en recul de 6,2 %
- Sièges et canapés : 2,5 milliards d’euros, en recul de 4,0 %
- Literie : 2 milliards d’euros, en recul limité de 2,1 %
- Mobilier de jardin : 0,6 milliard d’euros, en recul marqué de 8,4 %
- Salle de bains : 0,5 milliard d’euros, en recul de 7,2 %
La literie tire son épingle du jeu grâce à un socle de renouvellement régulier, peu compressible dans le temps : matelas et sommiers s’achètent par nécessité, indépendamment de la conjoncture immobilière ou du moral des ménages.
La cuisine intégrée, seule à résister début 2026
Fait notable : après avoir compté parmi les segments les plus touchés en 2024, la cuisine intégrée est devenue début 2026 le seul rayon du meuble en territoire positif, porté par les réseaux de cuisinistes spécialisés et quelques enseignes de la grande distribution spécialisée particulièrement offensives commercialement. Un retournement qui montre à quel point la situation évolue vite, segment par segment, au gré des stratégies commerciales et des projets de rénovation des ménages, comme le rappelaient récemment plusieurs analyses sur le marché immobilier français.
La vente en ligne, nouveau moteur de croissance
Autre évolution structurelle : les pure players et places de marché spécialisées enregistrent les meilleures performances du secteur sur la période 2024-2026, avec des croissances à deux chiffres pour certains acteurs comme Vente-unique.com. Un basculement qui interroge sur la place croissante du numérique dans un secteur longtemps dominé par le magasin physique, dans un contexte plus large où la consommation des Français se réinvente sur de nombreux postes de dépense.
Vers une reprise en 2026 ?
Les professionnels du secteur lient étroitement l’avenir du marché du meuble à celui de l’immobilier résidentiel. Les transactions dans l’ancien ont progressé en 2025, et les livraisons de logements neufs sont attendues en hausse en 2026, deux indicateurs traditionnellement corrélés aux achats de mobilier. Mais la reprise dépendra surtout de la confiance des ménages et de leur volonté de réallouer une partie de leur épargne à l’équipement de leur logement, dans un climat économique encore marqué par la prudence, comme le confirme la dernière note de conjoncture de l’Insee sur l’économie française.
Questions fréquentes
Le marché du meuble en France a-t-il touché son point bas ?
Pas encore de certitude : le repli ralentit nettement (-1,8 % en 2025 contre -5,1 % en 2024) mais reste négatif, et février 2026 affiche encore un recul de 4,2 % sur un an selon l’institut IPEA.
Quel segment du meuble résiste le mieux actuellement ?
Début 2026, la cuisine intégrée est le seul segment en territoire positif, porté par les réseaux de cuisinistes, tandis que la literie limite ses pertes grâce à un renouvellement régulier et peu différable.
Pourquoi la vente en ligne progresse-t-elle autant dans l’ameublement ?
Les pure players et places de marché spécialisées affichent une croissance à deux chiffres depuis 2024, portée par des prix compétitifs et un choix élargi, tandis que le commerce physique traditionnel peine à retrouver son niveau d’avant-crise.
Sources
Le Courrier du Meuble, L’Ameublement français
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
