Après trois années de repli consécutif, le marché français du meuble donne enfin des signes de stabilisation. Selon les derniers chiffres compilés par les professionnels du secteur, les ventes ont atteint 13,6 milliards d’euros en 2025, en baisse de 1,8 % par rapport à 2024 — un recul nettement moins marqué que les années précédentes, et qui laisse entrevoir un possible retournement de tendance en 2026.
Le marché reste, certes, en baisse pour la troisième année de suite. Mais il se maintient légèrement au-dessus de son niveau d’avant-crise sanitaire de 2019. Signe le plus encourageant : le second semestre 2025 a enregistré cinq mois consécutifs de légère croissance, d’après Didier Baumgarten, président de la Confédération nationale de l’équipement du foyer (Cnef). Une inversion de courbe rare depuis le pic de consommation observé en 2021, porté à l’époque par le télétravail et l’aménagement du domicile.
Sur l’ensemble de l’année 2025, la cuisine intégrée reste le seul segment à afficher une croissance complète, quand le meuble meublant, les canapés, la literie ou le mobilier de jardin reculent tous. La literie limite toutefois la casse grâce à un socle de renouvellement régulier, moins sensible aux arbitrages budgétaires des ménages.
Les professionnels de la filière identifient trois facteurs susceptibles de soutenir la demande cette année : la baisse des taux de crédit, qui redonne de l’air aux ménages primo-accédants, la stabilisation des prix de l’immobilier ancien, et un taux d’épargne des Français resté élevé depuis la crise sanitaire. Ces trois éléments combinés pourraient relancer les projets d’aménagement et d’équipement, souvent liés à un déménagement ou une rénovation.
Le tableau n’est pas uniformément positif. La part de la production française dans la consommation nationale de meubles est passée de 77 % il y a vingt-cinq ans à environ 37 % aujourd’hui, avec un risque de chute à 10 % d’ici dix ans selon certains professionnels du secteur. Les importations, notamment via des plateformes comme Temu ou Shein, dépasseraient 1,5 milliard de meubles par an, une concurrence jugée déloyale par une partie de la filière française, déjà confrontée à la hausse du coût des matières premières.
Pas encore officiellement sur une année pleine, mais les cinq mois de croissance enregistrés fin 2025 et les facteurs économiques favorables (taux de crédit, immobilier, épargne) laissent espérer une amélioration progressive en 2026.
La cuisine intégrée est le seul segment à afficher une croissance sur l’ensemble de l’année 2025, suivie de la literie qui limite ses pertes grâce à une demande de renouvellement stable.
La concurrence des importations à bas coût, notamment depuis l’Asie via des plateformes de vente en ligne, a fait chuter la part de fabrication française de 77 % à environ 37 % en vingt-cinq ans.
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