Amazon Reef : Greenpeace demande à Total d’annuler son forage pétrolier

Photo par @greenpeacefr

DDes militants de Greenpeace se sont mobilisés en France, ce 27 mai, en « décorant » plusieurs stations Total avec des motifs tels que des poissons ou du corail. Ils avaient également des pancartes. Leur but est d’alerter au sujet d’une menace qui pèse sur l’Amazon Reef, c’est-à-dire le récif corallien de l’Amazone, qui se situe au large de la Guyane française et au nord du Brésil, et où se jette l’Océan Atlantique. Ce récif est l’un des plus riches au monde, et l’un des plus vastes (9500 km²). De fait, c’est aussi l’un des plus précieux.

Nous vous parlions il y a peu de Nautilus, une nouvelle technologie de mine sous-marine qui pourra s’avérer dévastatrice pour l’écosystème marin. C’est ce même type de danger qui pèse sur l’Amazon Reef, étant donné que Total (et d’autres entreprises similaires) souhaite effectuer des forages de pétrole à proximité du récif, dans l’embouchure du fleuve Amazone.

Les sous-sols de la région contiendraient en effet 15 à 20 milliards de barils, chaque baril représentant environ 159 litres de pétrole. Une aubaine économique… au dépens de la biodiversité et de la recherche scientifique.

Bien que Total affirme être une entreprise prenant soin des questions environnementales, et qu’ainsi toutes les précautions de rigueur seront prises, l’ONG Greenpeace n’est pas convaincue et affirme que Total sous-estime dangereusement les conséquences de ces puits de pétrole.

Un forage n’est jamais exempt d’un risque de fuites de pétrole, ou même de marées noires dans le pire des cas. Ce sont des dangers mortifères pour tous les écosystèmes environnants sur une large étendue, puisque de telles fuites atteindront sans aucun doute le récif lui-même.

L’entreprise pétrolière attend encore les autorisations finales de la part, notamment, du gouvernement brésilien. Les opérations pourraient commencer dès cette année, une urgence qui explique l’action des militants de Greenpeace aujourd’hui.

Un récif exceptionnel

Ce récif de 1.100 km de long a été découvert très récemment, en 2010. Son existence n’a été révélée officiellement qu’en 2016, dans un article paru dans la prestigieuse revue Science. L’exploration scientifique de l’Amazon Reef est loin d’être arrivée à son terme. Selon Greenpeace, moins de 10% du récif a été cartographié à l’heure actuelle.

L’existence d’un récif corallien en ce lieu était improbable, car ce type d’écosystème ne se développe presque jamais à proximité des grands fleuves. Cette découverte est donc une chance exceptionnelle pour les scientifiques, tant les caractéristiques du lieu sont uniques – notamment en termes de photosynthèse.

La biodiversité de ce récif a, qui plus est, peu d’équivalent. On y trouve une faune riche et originale, composée de poissons rares tels que la raie manta océanique ou le poisson-perroquet multicolore, mais aussi des éponges ou des algues rouges. Certaines des espèces présentes sont en voie de disparition, et d’autres pourraient même exister nulle part ailleurs.

Début 2017, Greenpeace y avait envoyé un sous-marin pour permettre à quatre scientifiques brésiliens d’étudier pour la première fois la zone. Ils en sont revenus avec une première répertorisation des espèces présentes et des caractéristiques du lieu, mais aussi avec les toutes premières images sous-marines du récif.

Cette expédition, et ce qu’elle nous apprend, montre l’ampleur de ce qui est à sauvegarder des risques de destruction engendrés par des forages de pétrole à proximité. La perte d’une telle biodiversité serait irréparable, autant au niveau des espèces perdues que des découvertes scientifiques possibles, et sans oublier l’impact sur les communautés humaines locales.

Photo ©Greenpeace
Photo ©Greenpeace
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Marcus Dupont-Besnard

Reporter plurimédia, rédacteur en chef de WIDE.

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