Dubaï : un robot policier humanoïde entre pour la première fois en service

PPeut-être que le « Cycle des Robots » de Isaac Asimov ne va pas tarder à faire office de descriptif de la réalité. Après avoir déjà équipé ses pompiers de jet-packs, et ses policiers de « supercars », la ville de Dubaï souhaite que son effectif policier soit composé d’ici 2030 de 25% de robots. Cet objectif n’est pas que théorique, puisque nous avons appris cette semaine qu’une première escadrille de robots flics va prochainement être déployée dans la ville.

Bientôt des robots réceptionnistes dans les commissariats

Ce robot nouvelle génération prendra une forme humanoïde, c’est-à-dire adoptant un aspect physique similaire aux humains. Pour autant, il est loin de ressembler réellement à un policier bien humain, puisque malgré son visage aux traits humanisés, ses 1,70 mètres et 100kg, il ne possède pas de jambes… difficile de pourchasser des criminels.

Ses fonctionnalités restent également à l’heure actuelle peu vastes, permettant principalement de créer un poste d’interaction et d’interface intelligente entre la police humaine et les citoyens.

Une tablette tactile fixée sur son torse permettra aux habitants d’appeler la police (humaine), de signaler un délit en cours ou de payer leurs contraventions. Il sera également possible de lui poser diverses questions. Cette machine est tout de même plus sophistiquée qu’un simple poste d’ordinateur.

Il peut en effet converser en neuf langues, reconnaître un certain nombre d’émotions sur le visage de ceux qui lui font face, et analyser la gestuelle des passants dans un rayon de 1,5 mètres. Les yeux du robot font quant à eux office de caméra.

Basé sur la technologie REEM, développée par PAL-Robotics et déjà présentée depuis 2011, ce Robocop sera d’abord déployé dans les parcs d’attraction touristiques et dans les centres commerciaux, avant de devenir réceptionniste dans les commissariats lorsqu’il sera pleinement opérationnel.

Le directeur du service des nouvelles technologies de la police de Dubaï, Khalid Nasser Alrazooqi, précise à CNN qu’il est question de développer à terme un robot qui reproduira exactement ce que peut faire un officier de police « normal ». L’idée est qu’en 2030 Dubaï dispose d’un commissariat qui ne comprenne que des robots, sans aucun humain.

Le boum des intelligences artificielles

Pendant longtemps, le principe de robots assez intelligents pour égaler techniquement l’être humain n’était que du domaine théorique. Depuis l’entrée dans le XXIe siècle, les avancées dans le domaine de l’intelligence artificielle connaissent cela dit une accélération sans précédent.

Nous restons encore très loin de robots aussi inquiétants que les Cylons de Battlestar Galactica, ou aussi perfectionnés que les Hubots de Real Humans, mais ils commencent à entrer dans notre quotidien. En Europe, déjà 300 entreprises ont adopté le robot Pepper.

Issu d’une technologie française, dont l’entreprise mère a été rachetée par le japonnais Softbank Robotics, Pepper est capable de reconnaître un certain nombre d’émotions, et d’adapter son comportement en fonction de cette interaction.

Les centre commerciaux se voient également de plus en plus dotés de robots. C’est par exemple le cas de K5, dont le rôle est de faire des rondes pour repérer d’éventuels problèmes et les transmettre à un centre de contrôle. D’autres sont simplement là pour répondre aux questions des clients et discuter avec eux, comme Spoon à Rennes.

Pour l’instant, ce sont donc les lieux publics qui sont concernés. Mais ces robots pourraient aussi débarquer d’ici quelques années dans nos foyers. L’entreprise française Cyberdroïde a ainsi développé Leenby, un « robot domestique », qui pourra notamment venir en aide aux personnes âgées ou handicapées, ou aider dans les entreprises.

Face à ce qui pourrait devenir un véritable boum des robots dans notre vie quotidienne, la question des limites éthiques se pose. C’est notamment le problème de la responsabilité : si une telle machine fait du mal à un humain, qui est responsable ?

Ce type de problématique se pose surtout lorsque certaines lignes rouges sont franchies, à l’image de la Russie qui a récemment développé, dans un cadre militaire, un robot nommé Fedor et capable de tirer avec une arme.

La police de Dubaï a quant à elle précisé qu’elle ne compte pas armer ses robots-flics.

Abonnez-vous à notre mag

Entrez votre adresse e-mail ici pour recevoir une notification de nos nouvelles publications.

Publicité

Les publicités servent à financer notre site internet, notre magazine étant totalement indépendant.

Suivez-nous

Rejoignez WIDE sur Facebook et sur Twitter.