Muse : pourquoi le single futuriste « Dig Down » divise les fans

UUn nouveau single de Muse est un événement. Depuis 20 ans, le trio fait vibrer la terre entière avec son style musical singulier entre rock, électro et orchestral, agrémenté de paroles toujours très politiques, science-fictionnelles ou sentimentales. Chaque nouvel album du groupe est une nouvelle expérience, et pour cause, Muse aime explorer de nouvelles approches musicales. Dans une optique très conceptuelle, aucun album ne ressemble jamais au précédent. On se souvient par exemple de « Exogenesis », présent sur l’album « Resistance », et qui était une sorte de petite symphonie rock. L’album « Drones » était quant à lui pourvu d’un véritable fil conducteur scénaristique.

Dans ses débuts, Muse s’illustrait dans une ambiance intégralement rock heavy, avec de puissants riffs. Leur album « Origin of Symmetry » est souvent cité par les fans de cette époque du groupe comme la référence, avec des titres comme « Space Dementia », « Plug in Baby » ou « Citizen Erased ».

Au fil des années, de nouvelles sonorités et atmosphères, davantage électroniques, sont venues agrémenter les morceaux. Les amoureux de riffs ont pu être décontenancés notamment par l’album « The 2nd Law », qui leur semblait moins alternatif et heavy. La critique récurrente était celle d’un album davantage conçu pour les radios et le grand public tant les sonorités électroniques y ont une grande place. C’est par exemple, dans cette veine, le hit « Madness ».

En 2015, Muse sort « Drones ». Un album rassurant pour la sauvegarde de l’aspect heavy du groupe, grâce à des titres puissamment rock, du détonnant « Psycho » à l’original « The Globalist ». Par ailleurs, cet album était sûrement l’un des plus aboutis de leur discographie, puisque c’était comme retrouver un album de leurs débuts… la maturité musicale en plus !

Dig Down : trop électro ?

Le 18 mai 2017, après un teasing qui a mis les fans en ébullition, le clip du nouveau single « Dig Down » était publié sur Youtube.

A en croire les chroniques et commentaires publiés à ce moment-là, ce titre a pour ainsi dire fait l’effet d’une douche froide pour beaucoup de fans. Une sorte de « Madness 2.0 » écrivent certains, au bas de la vidéo. On y retrouve en effet le même côté épuré et minimaliste.

Il est vrai que « Dig Down » n’est pas le titre le plus rock ‘n’ roll que Muse nous ait proposé. Ce n’est pas non plus le plus transcendant, le plus énergétique et entrainant. En témoignent les nombreuses covers du titre sur la toile, beaucoup auraient aimé une version avec plus de riffs à la place des petits effets dubstep sur lesquels Matthew Bellamy pose sa voix.

Cela dit, on peut reprocher  à ce type de commentaires de ne pas prendre en compte le fait que Muse est un groupe qui ne s’est jamais rattaché à un seul style. Estimer que le rajout de notes purement électro serait à but commercial et rendrait leurs titres moins authentiques, c’est considérer que ces fameux morceaux électro sont de mauvaise qualité. Or, on peut indéniablement relever que la qualité d’albums comme « The 2nd Law » sont des bijoux musicaux. D’autant que, bien souvent, les morceaux en question relèvent surtout d’une hybridation entre rock et électro, contribuant à élaborer un style incomparable. Moins connu que « Madness » et pourtant sur le même album, « Survival » peut en être un exemple typique. Quoi qu’il arrive, Muse nous donne toujours de l’épique et du grandiose, peu important l’instrumental utilisé.

Alors, peut-on dire que « Dig Down » n’est pas du Muse ? Non, la muse touch est bien présente, car malgré une prédominante synthétique au fil du morceau, n’oublions pas que la deuxième partie est faite d’un riff majestueux qui, d’ailleurs, sera sûrement monstrueux en concert. La performance vocale de Matt Bellamy est également d’une beauté fidèle à ce que l’on aime entendre avec Muse. Même le clip, pas loin du cyberpunk, est à l’image de l’ambiance science-fictionnelle que l’on aime retrouver dans la mise en scène des morceaux du groupe.

Aucun album de Muse n’a jusqu’à maintenant rompu avec ce qui fait son identité et son essence musicale, alors bien que « Dig Down » ne satisfera pas les amateurs du rock le plus percutant, on ressent qu’il s’inscrit dans la continuité et que les prochains titres à venir pourront ravir tout le monde.

Et surtout, ce qui pourra rassurer les plus inquiets : jamais Matthew Bellamy ne renoncera à pouvoir se déchainer sur sa guitare, à l’image de Dom Howard qui s’ennuierait beaucoup trop en live s’il ne pouvait pas faire des folies avec sa batterie. Quoi qu’il en soit, le succès de « Dig Down » sera sûrement au rendez-vous : 3,5 millions de vues ont été atteintes en quatre jours.

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Marcus Dupont-Besnard

Reporter plurimédia, rédacteur en chef de WIDE.

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