Reportage • Trois semaines d’écovolontariat au Monkey Sanctuary

Lily, singe laineux vivant au Monkey Sanctuary, ©Emmanuelle Jolivet
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QQuoi de mieux à faire, pendant que certains partent en stage, que de partir aider les singes ? Il n’est pas nécessaire de partir au Brésil, en Tanzanie ou à Bornéo si vous avez un peu de temps à consacrer à la préservation des primates. En Europe, il existe différents sanctuaires dédiés aux singes et à leur conservation, et si l’envie vous en prend vous pouvez devenir éco-volontaire et aider ces refuges pour animaux.

Monkey Sanctuary. (Photo ©Emmanuelle Jolivet)

« Être volontaire, est jusqu’à présent une remarquable expérience du fait des personnes qui sont ici, du lieu, de l’idée et du but de Wild Futures. J’apprécie que Wild Futures permette à tout le monde de venir ici pour être volontaire sans se soucier de l’âge, de certaines circonstances etc. Je recommande fortement de venir au centre, vous ne vous sentirez jamais seul. » confie Karolina Sieroszewska, en service volontaire européen.

Ecovolontariat ?

Participer à la préservation des primates n’est pas l’unique mission dans laquelle peut s’engager un écovolontaire. Depuis plusieurs années, ces missions – également appelées tourisme volontaire ou écotourisme – se multiplient dans le monde. Il s’agit selon le site de mise en place de missions de volontariat, Projects Abroad, de « travailler à la préservation des espèces végétales et animales rares et à la préservation de l’environnement en participant à des recherches, des collectes de données, des efforts de reboisement, l’éducation des communautés sur la préservation, et plus encore ».

Vous pouvez donc aller en Espagne ou dans le Sud de l’Angleterre aider des sanctuaires de primates, mais aussi en méditerranée ou en Polynésie étudier les cétacés, au Pérou préserver la forêt amazonienne, au Bénin pour participer à la création d’une réserve de la biosphère de l’UNESCO ou au reboisement d’une mangrove, en Thaïlande protéger les tortues, les gibbons, ou encore les éléphants.

Être écovolontaire, c’est en fait être bénévole pour la planète.

« Je me sens vraiment bien quand je travaille au sanctuaire, même si le travail est difficile. Je sais que ce que je fais est indispensable pour Wild Futures, le sanctuaire a besoin de notre aide. » Ilona Sarkisiani, en service volontaire européen.

De nombreux sites répertorient ainsi des missions d’écovolontariat tels que Projets Abroad, Cybelle Planète, Volontaires Nature

Mission écovolontaire au Pérou, ©Cybelle Planète
Mission en Thaïlande dans un sanctuaire d’éléphants, ©Cybelle Planète
Ecovolontaires étudiant les baleines à bosse en Polynésie française, ©Cybelle Planète
Sauvetage de tortues par des écovolontaires au Salvador, ©Cybelle Planète

Le Monkey Sanctuary en Cornouailles

Au mois de février je suis donc partie en Cornouailles, au sud de l’Angleterre, dans un refuge de primates, le Monkey Sanctuary, Wild Futures. Le sanctuaire se situe dans la campagne et sur la côte anglaise : les singes ont vue sur la mer. Je voulais aider ce refuge qui tente de réparer les erreurs et méfaits de certaines personnes. En effet, en Grande Bretagne, la loi autorise la détention de primates en tant qu’animaux de compagnie. Il y en aurait environ 5 000 en captivité à ce jour.

Le sanctuaire abrite donc une vingtaine de capucins, dont la plus part étaient auparavant des animaux de compagnie anglais, trois macaques de Barbarie (tous originaire de France : anciennement animaux de zoo, abandonné et retrouvé accroché à un lampadaire …), cinq singes laineux, dont une petite femelle née par erreur en captivité dans le refuge. Et depuis début mars, le sanctuaire a accueilli un couple de marmouset.

Le centre tente d’éduquer la population anglaise (mais aussi étrangère), sur l’importance de ne pas « adopter » de primates. Tout simplement parce que les singes sont des animaux sauvages qui ne supportent pas la vie en captivité. Ce sont des animaux dont la vie sociale avec leurs congénères est capitale. Les enfermer dans des cages pendant toute leur vie, éloignés de leurs familles, sans soin adapté, n’en font pas des animaux heureux, loin de là.

« Tous les primates devraient être en liberté, et vivre dans leur environnement naturel. C’est pourquoi Wild Futures se bat pour mettre fin à la détention de singe en tant qu’animaux de compagnie. Il sensibilise par l’éducation et protège les primates dans leur environnement naturel. » Hez David Herod, volontaire au sanctuaire en 1993, puis par demande du sanctuaire il est resté et est devenu soigneur.

Une des mascotte du Monkey Sanctuary, se nomme Joey, un petit capucin. A 3 mois il a été enlevé de sa forêt tropicale et séparé de sa mère, tuée pour sa viande.

Joey © Monkey Sanctuary

Il a ensuite passé 9 années de sa vie dans une toute petit cage, en tant qu’animal de compagnie, sans voir la lumière directe du jour, sans voir un seul de ses congénères et ne pouvant quasiment pas se déplacer, se dépenser. Aujourd’hui il a pu intégrer un des différents groupes du sanctuaire mais les traces de sa vie antérieure sont marquées sur son corps. Même si le petit singe va beaucoup mieux, il souffre de problème osseux et reste recroquevillé sur lui-même.

C’est grâce au refuge que Joey vit dans un lieu sain. Mais ces refuges pourraient ne pas exister si les hommes ne considéraient pas les animaux comme des jouets. « Primates no Playmates » peut-on lire sur les vêtements vendus par l’association.

Les singes du sanctuaire

Le nom de « sanctuaire » correspond parfaitement à la définition du centre, c’est un lieu de paix, de repos et de socialisation pour tous ces primates maltraités. Il est très impressionnant de se rendre compte à quel point tous les singes ont un caractère différent, leurs propres habitudes, leurs préférences.

Par exemple la petite femelle singe laineux, Lily, est très joueuse, aime se faire prendre en photo et embêter les vieux mâles qui partagent son enclos. Les macaques sont eux plus agressifs. Il est très triste de constater et d’observer cependant, les comportements de certains capucins. Par exemple l’un d’entre eux ne cessait de mettre sa main sur son cœur et de dire bonjour pour retenir l’attention.

Josh, capucin arrivé en 2010 après avoir mordu son propriétaire, au sanctuaire il est de tempérament très calme. © Emmanuelle Jolivet

Une expérience humaine

Être écovolontaire au Monkey Sanctuary n’est pas une mission de tout repos. Mais étrangement, et même si tous les volontaires attendent leurs jours de repos, l’aide apportée est gratifiante et elle n’est pas tant synonyme de travail.

Les journées sont sportives et vous revenez musclé de cette expérience. Les matinées commencent par la routine des capucins, quand vous ne vous êtes pas réveiller un peu plus tôt pour préparer le menu des singes. Il faut nettoyer alors les enclos des singes en prenant garde à ne pas se cogner dans toutes les poutres, à ne pas se faire attraper les cheveux par certains capucins malicieux et à ne pas oublier de ramasser quelques vieux morceaux de légumes ou quelques petites crottes.

« Chaque jour je fais l’entretien des enclos des capucins, je créé des enrichissements pour les singes et je les aide à avoir la meilleure vie possible. Vivre au sanctuaire vous apprend beaucoup. Avant je ne connaissais rien au commerce des primates et sur leur souffrances. Mais maintenant et grâce au sanctuaire, je peux à mon tour expliquer aux autres et notamment au public, quels sont les dommages causés aux singes. » Annabelle Snaith, volontaire depuis quatre mois au sanctuaire.

Les règles de sécurité et sanitaire sont strictes mais justifiées pour qu’il n’y est pas d’échanges de maladies entre les hommes et les primates. Les maladies sont effet facilement transmissibles entre nos deux espèces du fait de la proximité génétique. Il faut donc se munir d’une combinaison, de gants, de bottes, ne pas toucher la nouvelle nourriture avec les gants, changer l’eau des sceaux lorsque l’on change d’enclos etc.

Les après-midis sont rythmés par les « jobs » : tout un tas d’activité pour maintenir en état le centre et les lieux de vie des volontaires, pour amuser les singes par la fabrication de jouets appelés enrichissements, faire des gâteaux pour les singes… Il y a des corvées moins agréables telle que la fabrication du compost, mais chaque soir vous êtes fier (et fatigué) de ce que vous avez entrepris.

Être écovolontaire dans ce refuge, et je pense dans chaque mission de bénévolat, est également une expérience humaine. Vous rencontrez de nombreuses personnes originaires de Pologne, d’Allemagne, de Georgie… Vous vivez en communauté pendant les semaines que vous passez ici, passez tout votre temps entouré, vous n’êtes jamais seul.

« Cela a été pour moi une expérience formidable. J’ai adoré travailler pour les singes et rencontrer de nouvelles personnes et de nouvelles cultures. » Charlotte Glastonbury, volontaire pendant trois semaines au sanctuaire.

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