Témoignage • Voyager au Sénégal pour apprendre la réalité plurielle du métier d’éducateur spécialisé

Karen avec Alexandre Mendy, joueur de foot professionnel qui parraine le projet. (©Page FB du projet)
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PPartir à l’autre bout du monde pour se former de façon alternative à son futur métier, c’est une voie que vont bientôt emprunter huit étudiant-e-s en deuxième année à Askoria, une école située à Rennes (Bretagne) et qui propose une formation d’éducateur spécialisé. Ils prévoient d’intervenir à Dakar, au Sénégal, au sein de l’association « Les enfants des rues », notamment pour venir en aide aux orphelins locaux. Afin de vous expliquer cette démarche, L’Époque a interrogé Karen, qui est l’initiatrice du projet.

Quelle est ta vision du métier d’éducateur spécialisé, pourquoi t’y former ?

Selon moi le métier d’éducateur est avant tout une relation d’aide envers les personnes en difficultés. J’ai décidé de me former à ce métier pour pouvoir accompagner des personnes, des groupes ou des familles en difficultés dans le développement de leurs capacités de socialisation, d’autonomie, d’intégration et d’insertion en ayant des outils adaptés pour comprendre ces difficultés et ajuster mes actions selon les caractéristiques de la personne.

Avec ta promo, vous êtes en train de monter un voyage d’étude de dix jours à Dakar, au Sénégal, avec l’association « Les enfants des rues ». Qu’est-ce que vous projetez d’y réaliser ?

Nous avons comme projet de créer des jeux sportifs et de coopération ouverts à tous (à l’association, bien-sûr, mais également aux jeunes de tout Dakar). Nous participerons également au quotidien de l’association en allant dans les écoles apporter notre aide, en faisant des actions de rue, du soutien scolaire, des animations.

Pourquoi il est important, selon toi, d’être confronté aux pratiques éducatives de différents pays ? Et pourquoi avoir choisi le Sénégal spécifiquement ?

Chaque pays a une approche différente du métier, une culture différente, des actions professionnelles différentes, des valeurs différentes. Le fait d’être confronté à cela permet de nous enrichir professionnellement et personnellement. Il est également possible qu’un jour nous soyons amenés à accompagner un sénégalais en France. Donc en ayant conscience de sa culture et des pratiques de son pays, cela permet de l’accompagner dans de meilleures conditions. Le Sénégal est inconnu pour tous, ce continent africain nous attirait. Il est également souvent décrit comme « pauvre ». En parallèle , de plus en plus de personnes africaines vivent en France aujourd’hui donc on a peut être des chances de travailler à leur côtés.

Comment se déroule l’organisation de ce voyage, de l’émergence de idée à son aboutissement (notamment pour se financer) ?

Tout d’abord, l’idée première est partie globalement de mes envies. Je voulais découvrir le continent africain tout en proposant un projet à base de sport, du fait de mes pratiques. Plusieurs collègues de promotion ont trouvé cette idée intéressante. Au fil du temps, chacun à échangé sur ses envies. L’envie de travailler auprès d’orphelins revenait souvent. Nous avons donc lié le sport et les enfants des rues. Nous avons par la suite proposé notre idée à notre chargée de mission à l’international. Cette dernière nous a soutenu, et tous les mois nous la rencontrons pour faire le point. Nous avons également pris l’initiative personnelle de contacter l’association SPER, notre projet leur plaisait et tout s’est emboîté au fil du temps.

Financièrement, nous avons mené plusieurs actions. Pour ma part, je suis allée à la rencontre des joueurs de foot professionnels pour obtenir des maillots portés en match, afin d’organiser une vente aux enchères par la suite. Plusieurs joueurs ont répondu présent [Cheikh M’Bengue et Alexandre Mendy sont parrains du projet, ndlr]. Une vente de brioches et de sweats promos a également été organisée. Trois collègues ont participé au service, lors de la remise des diplômes des anciens 3e année d’éducateur spécialisé. Un spectacle a également été mis en place, avec la mère d’une participante du projet. Et nous avons aussi lancé une cagnotte en ligne.

Qu’est-ce que tu ressens face à l’idée d’aller te former à ton futur métier en partant à l’autre bout du monde ?

On part un peu vers l’inconnu. Personnellement cela ne me fait pas peur. Cela va être une excellente expérience. Il y aura sûrement des hauts et des bas, mais c’est comme ça qu’on crée notre identité professionnelle à travers notre parcours.

Vous avez la possibilité d’aider les étudiants d’Askoria à travers leur cagnotte sur Leetchi.

Retrouvez-les également sur la page du projet.

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