Les mobilisations contre Trump, ou le réveil de l’Amérique insoumise

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FFin janvier 2017, Donald Trump a compromis – d’un coup de stylo – l’avenir de milliers de personnes, en signant l’ordonnance dite « de protection de la Nation de l’entrée de terroristes étrangers aux États-Unis ». Une mesure qui n’est rien d’autre qu’une manière de restreindre l’immigration des musulmans, et dont la mise en œuvre a eu des conséquences dramatiques. Si cet épisode démontre définitivement que le Président nouvellement investi est capable du pire, il marque aussi un tournant majeur dans la mobilisation anti-Trump.

Les Américains dans la rue

Quelques heures seulement après l’annonce que des personnes en situation régulière étaient détenues dans des aéroports, incapables d’entrer sur le territoire du fait de l’ordonnance, des milliers de manifestants se sont rassemblées autour des terminaux internationaux concernés pour demander leur libération.

Le record de mobilisation est à attribuer sans conteste aux New Yorkais qui ont encerclé le Terminal 7 de l’aéroport JFK.

Par ailleurs, tout le week-end, les rues des grandes villes américaines ont été investies par des personnes de tous horizons, venues manifester leur soutien à ceux concernés par l’ordonnance. Chacun contribue à sa manière, comme ces avocats spécialistes en droit des étrangers qui ont tout laissé tomber pour se précipiter dans les aéroports afin d’assister bénévolement les personnes détenues au titre de l’ordonnance.

Différents biais de résistance

Sur la Toile, la résistance anti-Trump s’organis e: les internautes se sont fait fantassins de la vérité afin de contrer le rapport aux « faits » plus que particulier de Donald Trump et son équipe. Ainsi, captures d’écrans et autres preuves de l’inexactitude des information délivrées par l’administration présidentielle pullulent sur les réseaux sociaux.

Les plus grandes entreprises aussi résistent, à l’instar d’Airbnb qui offre l’hébergement à ceux qui ne peuvent pas retourner aux Etats-Unis. D’autre sociétés comme Lyft et Netflix ont fait le choix d’octroyer des dons substantiels à l’ACLU, une organisation de lutte pour les droits civils, afin la soutenir dans son travail. L’ACLU est justement l’organisation grâce à laquelle des personnes détenues dans les aéroports ont pu être libérées.

Des élus, principalement des Démocrates rejoints par un nombre petit mais toujours croissant de Républicains, se mobilisent également. Par exemple, au niveau fédéral, des sénateurs ont d’ores-et-déjà annoncé leur intention de mener un long travail d’obstruction parlementaire. Une menace mise à exécution dès mardi avec le boycott démocrate de la confirmation des candidats proposés par Trump pour diriger les départements du Trésor et de la Santé.

Localement, ce sont les maires et les gouverneurs des États qui s’attachent à empêcher la mise en œuvre des mesures prises par Trump, comme ces villes sanctuaires qui préfèrent voir leurs subventions suspendues plutôt que de dénoncer les personnes en situation irrégulière aux autorités fédérales. L’État de Washington, quant à lui, a tout bonnement décidé de poursuivre la Présidence en justice pour avoir passé l’ordonnance anti-musulmans. Si cette initiative réussit, l’ordonnance sera invalidée nationalement.

L’administration elle-même résiste : selon le LA Times des centaines d’employés du Département d’État (Ministère des affaires étrangères) ont signé un mémento de désaccord mettant en lumière le caractère désastreux de l’ordonnance pour les intérêts américains.

Le début d’une longue guerre citoyenne et administrative

S’opposer à Trump n’est pas chose aisée. Le Président a démontré qu’il ne laisserait personne se placer en travers de son chemin. C’est ainsi que lundi, il a renvoyé en l’accusant de « trahison » Sally Yates, Avocate Générale (Ministre de la justice) par intérim nommée par Obama pour assurer la transition entre l’ancienne et la nouvelle administration. Celle-ci avait eu le malheur de déclarer qu’elle doutait de la légalité de l’ordonnance.

Cependant, plus Donald Trump se comporte en despote (et un despote pas éclairé du tout), plus la colère populaire gronde. En jouant avec les « faits alternatifs », en multipliant les mesures à la limite de la constitutionnalité, en nommant aux plus hauts postes des personnes qui n’ont visiblement rien à y faire (sauf à flatter ses convictions), il donne autant de raisons aux Américains de se révolter.

Nous assistons donc au début d’une longue guerre de tranchées entre la nouvelle administration présidentielle et la population. Il est impossible de déterminer combien de temps ce combat durera ou d’en évaluer le coût final, mais une chose est sûre : Donald Trump ne gagnera pas. En s’en prenant aux valeurs américaines les plus fondamentales, celles qui font la fierté patriotique des Américains, il a réveillé une force qui une fois réveillée ne peut être vaincue : celle de l’Amérique insoumise.

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At the end of January 2017, Donald Trump compromised – with a stroke of a pen – the future of thousands of people, signing the so-called « protection of the Nation from the entry of foreign terrorists to the United States ». A measure that is nothing but a way of restricting the immigration of Muslims, and whose implementation has had dramatic consequences. If this episode definitively demonstrates that the newly invested President is capable of the worst, it also marks a major turning point in the anti-Trump mobilization.

Americans on the street

Only a few hours after the announcement that lawful persons were detained at airports unable to enter the territory due to the ordinance, thousands of demonstrators gathered around the relevant international terminals to demand their release.

The record of mobilization is to be attributed without question to the New Yorkers who surrounded Terminal 7 of the JFK airport.

Moreover, throughout the weekend, the streets of major American cities were invested by people from all walks of life, who came to show their support to those concerned by the ordinance. Everyone contributes in their own way, like those lawyers who specialize in the law of foreigners who have dropped everything and rushed to the airports in order to assist those detained under the ordinance.

Different forms of resistance

On the Web, the anti-Trump resistance is organized: Internet users have been infatuated with the truth in order to counteract the relationship with the « facts » more than particular of Donald Trump and his team. Thus, screenshots and other evidence of the inaccuracy of information provided by the presidential administration abound on social networks.

Larger companies also resist, as does Airbnb which offers accommodation to those who can not return to the United States. Other companies like Lyft and Netflix have chosen to give substantial donations to the ACLU, a civil rights organization, to support it in its work. The ACLU is precisely the organization through which people detained at airports have been released.

Elected officials, mainly Democrats joined by a small but ever-growing number of Republicans, also mobilize. For example, at the federal level, senators have already announced their intention to carry out a lengthy parliamentary obstruction. A threat carried out on Tuesday with the Democratic boycott of the confirmation of the candidates proposed by Trump to lead the departments of the Treasury and Health.

Locally, it is the mayors and state governors who seek to prevent the implementation of Trump’s actions, such as those sanctuary cities that prefer to have their subsidies suspended rather than denouncing illegal residents to the federal authorities. The State of Washington, for its part, has simply decided to continue the Presidency in court for having passed the anti-Muslim order. If successful, the order will be invalidated nationally.

The administration itself resists: according to the LA Times, hundreds of employees of the State Department (Ministry of Foreign Affairs) signed a memorandum of disagreement highlighting the disastrous nature of the order for US interests.

The beginning of a long civil and administrative war

To oppose Trump is not easy. The President has shown that he will not let anyone stand in his way. On Monday, he dismissed by accusing him of « treason » Sally Yates, Acting General Counsel (Minister of Justice) appointed by Obama to ensure the transition between the old and the new administration. The latter had had the misfortune to declare that it doubted the legality of the ordinance.

However, the more Donald Trump behaves as a despot (and a despot not enlightened at all), the more popular anger rumbles. By playing with the « alternative facts », by multiplying measures at the limit of constitutionality, by appointing to the highest positions people who obviously have nothing to do there (except to flatter their convictions), it gives as many reasons The Americans to revolt.

We are thus witnessing the beginning of a long trench warfare between the new presidential administration and the population. It is impossible to determine how long this fight will last or to assess the final cost, but one thing is certain: Donald Trump will not win. By attacking the most fundamental American values, those which are the patriotic pride of the Americans, he awakened a force that once awakened can not be defeated: that of the unconquered America.[:]

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