Interview • Martin Bertrand, photoreporter en quête des « visages du Mékong »

Photo prise par Martin Bertrand aux Philippines
[:fr]

LLe reportage photo est l’un de ces moyens artistiques et journalistiques qui permettent le mieux de mettre un visage sur les populations, leur vie quotidienne, leurs problèmes. C’est ce que cherche à faire le photoreporter Martin Bertrand, en lançant une campagne de financement participatif (crowfunding) sur KissKissBankBank, dans le but de financer son voyage de trois mois en Asie, au fil du Mékong.

Lauréat du Prix François Chalais du Jeune Reporter, en catégorie Photographie, Martin Bertrand est membre du studio Hans Lucas et est passé par le service photo de l’AFP (Agence France-Presse). Vous avez également déjà pu visionner certains de ses reportages dans L’Époque, sur Cuba ou sur les manifestations contre la Loi Travail. Nous lui avons proposé de nous parler de son fameux nouveau projet à base de crowfunding, intitulé « Les visages du Mékong ».

Est-ce que ce type de reportage photo est nouveau pour toi, ou s’ancre dans la continuité de ton travail et de ta vision du photojournalisme ?

Ce type de reportage photo n’est pas vraiment nouveau pour moi, il s’ancre quand même dans la continuité de mon travail et de ma vision du photojournalisme. En effet, il s’agit d’une problématique entre l’Homme et l’environnement comme j’ai pu déjà en traiter auparavant. Aux Philippines, j’ai réalisé un reportage sur le Mont Mayon, le volcan le plus actif du pays, ainsi que sur ses habitants qui subissent des évacuations forcées et les contraintes d’une zone à risques. Ce reportage m’a valu d’être Lauréat du Prix François Chalais du Jeune Reporter (cité plus haut, ndlr). Par la suite, j’ai réalisé un reportage sur l’agriculture biologique dans une vallée encore très préservée écologiquement. Mais cette fois-ci, le projet et le sujet sont beaucoup plus audacieux que les précédents.

Qu’est-ce qui t’intéresse dans cette région précise de l’Asie qu’est le Mekong ? Quelles sont les problématiques que tu souhaites traiter à travers ce choix ?

J’ai toujours été fasciné par l’Asie et par cette région. Beaucoup de choses m’y intéresse : la spiritualité, le sport, la nature, le passé et les mutations à venir. Les problématiques que je souhaite traiter sont surtout celles du rapport que les individus entretiennent avec le Mékong. Ce fleuve est une source de vie pour la pêche ou l’irrigation par exemple, c’est ce qui a poussé les habitants à s’y installer. Par ailleurs, avec les nouvelles dynamiques géo-environnementales, les choses sont vouées à changer, sans réellement se soucier des individus. Le titre « Les Visages du Mekong » résulte de ma volonté de donner un visage à ces gens en racontant leurs histoires.

Quand tu reviendras de ton voyage, sous quelles formes pourrons-nous retrouver tes productions photographiques ? Qu’est-ce que tu comptes apporter de nouveau avec ce projet ?

Je compte construire mon projet de grand reportage en plusieurs épisodes en fonction des lieux et des problématiques, que je partagerai au fur et à mesure sur les réseaux sociaux. Cela me permet d’avoir une démarche journalistique dans la longévité et donc de ne pas m’arrêter à de simples actualités comme on le voit le plus souvent dans les médias. J’envisage aussi bien évidemment une exposition, voire même un livre photo.

Pourquoi tu as choisis la solution du crowfunding pour financer ce nouveau voyage ?

La passion, la motivation et l’implication sont bien présentes mais parfois cela ne suffit pas. Les donations d’internautes sont essentielles et elles permettent aux gens de s’engager dans mon projet et donc d’en devenir acteurs.

Pour en savoir plus sur la campagne de crowfunding, et aider Martin Bertrand, cela se passe sur sa page KissKissBankBank.

[:]

Abonnez-vous à notre mag

Entrez votre adresse e-mail ici pour recevoir une notification de nos nouvelles publications.

Publicité

Les publicités servent à financer notre site internet, notre magazine étant totalement indépendant.

Suivez-nous

Rejoignez WIDE sur Facebook et sur Twitter.