Des bombardiers russes au large de la Bretagne : la dangereuse inaction européenne

Les bombardiers Tupolev 160 peuvent transporter jusqu'à 24 missiles nucléaires
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LLa semaine dernière, plusieurs journaux rapportaient que le 22 septembre 2016, deux bombardiers russes ont été interceptés au large des côtes bretonnes après avoir été détectés par les Britanniques au large de la Norvège. Ils ont été escortés par deux rafales Français jusqu’à ce que les autorités espagnoles prennent le relai à la frontière.

Ce n’est pas la première fois que les Russes mènent de telles opérations aériennes non autorisées au large des côtes européennes. Des avions Russes avaient déjà été interceptés alors qu’ils longeaient les côtes de la Manche fin janvier et mi-février derniers.

De simples « gesticulations » pour la France

Ces intrusions dans l’espace aérien européen ont suscité des réactions d’intensités diverses. Si des pays comme le Royaume-Uni ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une démonstration de force de la part des Russes, la France a semblé moins inquiète. En mars dernier, le chef d’état-major de l’armée de l’air, le général André Lanata, a qualifié ces postures russes de simples « gesticulations ».

D’une certaine manière, il n’a pas tort. Il est peu probable que le Kremlin décide de s’en prendre à la France ou un autre pays européen d’une manière aussi grossière. En effet, nous sommes en mesure de nous défendre contre de telles attaques. La rapide interception des avions militaires Russes en témoigne. La Russie n’a, pour l’instant, aucune raison de nous attaquer frontalement, ne serait-ce qu’en raison des représailles massives encourues en raison du pacte de défense mutuelle de l’Alliance Atlantique.

Une provocation diplomatique

Ces survols relèvent donc de la provocation diplomatique. Le Kremlin a compris que les pays occidentaux ne peuvent rien contre elle, que leur stratégie est d’éviter tout conflit avec elle. Cela a pu se vérifier dans le cadre de la crise ukrainienne et actuellement sur le front Syrien.

En survolant les côtes européennes de la sorte, la Russie montre son mépris pour les règles de droit international ainsi que pour les États dont elle a violé l’espace aérien. Si ces incidents peuvent sembler anodins, ils s’inscrivent en réalité dans une plus vaste stratégie de déstabilisation des pays occidentaux. A ce titre, ils doivent être interprétés à la lumière du contexte international actuel.

Un retour vers la guerre froide ?

Dans un contexte de tensions accrues entre la Russie et les pays occidentaux, ces manœuvres Russes revêtent une signification forte. Ces derniers temps, Moscou se montre de plus en plus agressive. Elle paraît déterminée à s’imposer comme seconde grande puissance de l’ordre international face aux Etats de l’OTAN menés par les Etats-Unis. En somme, Vladimir Poutine ambitionne de voir son pays retrouver la place qu’il occupait durant la Guerre froide.

L’accumulation d’absences de réactions vis-à-vis de « petits » incidents comme celui des survols non-autorisés véhicule une image de faiblesse des occidentaux. Une image qui risque fort de leur porter préjudice dans leurs relations futures avec la Russie.

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