Trump-Clinton : un débat aux allures de dialogue de sourds

Le débat a donné lieu à de nombreux mêmes sur la Toile.
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L’L’université américaine d’Hosfra accueillait lundi dernier le premier débat entre Hillary Clinton et Donald Trump. A la suite de l’événement, tous les commentateurs, sondages à l’appui, annonçaient que l’ancienne Secrétaire d’État s’en était le mieux sorti. Cependant, une telle analyse du débat semble manquer de vision d’ensemble.

Des sondages mal interprétés

Certes, ainsi que le démontre un sondage CNN, 62% des électeurs inscrits ayant regardé le débat considèrent que la candidate démocrate a « gagné » le débat, contre seulement 27% pour Donald Trump. Mais un examen de la composition de l’échantillon interrogé nous enseigne que 41% des répondants se déclarent démocrates, 26% républicains et 33% indépendants. Cela permet de relativiser les résultats du sondage.

En effet, il semble difficile de croire qu’un démocrate puisse être réceptif aux arguments de Donald Trump. Il en va de même pour les électeurs républicains en ce qui concerne Clinton. Sous cette lumière, les résultats de ce sondage surprennent donc beaucoup moins.

La véritable information importante révélée par ce sondage est la large proportion des électeurs indépendants convaincus par la prestation de Clinton. Elle démontre que cette année, plus que jamais, c’est la voix de ces indépendants qui va compter dans l’élection finale.

Deux candidats, deux Amériques

La question partisane, dans cette élection, semble peser moins de poids qu’auparavant. En effet, plus que deux partis, ce sont deux Amériques qui s’affrontent.

Ainsi, le vote Trump n’est pas, contrairement à l’idée reçue, un vote contestataire, mais un véritable vote d’adhésion. Le magnat de l’immobilier incarne l’Amérique des « white trash », ou du moins, l’Amérique telle qu’ils aimeraient la voir. Comme tout électeur, ils veulent qu’on leur dise ce qu’ils veulent entendre, qu’on leur vende du rêve. Trump est leur champion, celui qui leur rendra la part du rêve américain à laquelle ils n’ont jamais eu droit.

Cela explique pourquoi même si la plupart des experts s’accordent à dire que le programme de Trump est irréaliste, il continue à avoir des supporters.

Pour ces « white trash », Hillary Clinton représente l’establishment, cette classe politique  responsable, selon eux, de leur condition. Son programme, ils n’en ont que faire. Si les économistes de Clinton disent que l’Amérique est déjà « great », eux, tout ce qu’ils voient, c’est leur quotidien, et il n’est pas « great » du tout.

Un débat inexistant

Il n’est plus question, dans cette campagne, de logique ou de véracité des arguments opposés. Dans cette élection, deux univers parallèles s’affrontent. Nous n’avons pas assisté à une joute verbale, mais à un dialogue de sourds.

En réalité, les deux prétendants à la présidence nous ont donné à voir ce à quoi ressemblerait un meeting de campagne organisé conjointement par deux partis totalement opposés.

Les sondages post-débat ne nous indiquent donc pas qui a remporté le débat, mais plutôt combien d’Américains, parmi ceux qui ont assisté à ce triste spectacle, vivent dans le monde réel, et combien vivent sur « Trumpland ».

Ainsi, en fin de compte, la véritable défaite de lundi dernier n’était ni celle de Clinton, ni celle de Trump, mais de l’Amérique elle-même, devenue la risée de la planète toute entière.

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