« Most », une main tendue par la jeunesse hongroise aux réfugiés

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SSensibiliser les jeunes hongrois au volontariat et à l’aide des réfugiés, voilà l’objectif que se fixe la jeune association budapestoise « Most » (« maintenant » en hongrois, ndlr). Rencontre avec Márk Takáts, 18 ans, membre fondateur de l’association.

Contrecarrer le sentiment anti-réfugiés

« Cool et épanouissant » : c’est cette idée que Márk Takáts se fait du milieu associatif et qu’il cherche aussi à étendre. Du haut de ses 18 ans, cheveux longs et sourire bienveillant, il a très volontiers accepté de nous présenter cette association dans laquelle il s’investit

L’organisation a été créée en novembre 2015, par un de ses amis, Dániel Lakatos. Marqué par l’arrivée de réfugiés dans la capitale hongroise et la réaction du gouvernement de Victor Orbán pour limité les flux, il a choisit de se mobiliser et de solliciter ses amis pour cela. Ce choix n’est pas anodin dans un pays marqué par un fort sentiment anti-réfugiés, et où la milieu associatif se démarque clairement par son manque de dynamisme. Alors que les heures de volontariat ont été rendues obligatoires pour les étudiants désirant obtenir leur certificat d’études, cela a aussi contribué à ringardiser la pratique.

Association d’ampleur encore limitée, « Most » se caractérise et se distingue donc néanmoins par le dynamisme de ses membres et la diversité de leurs actions, dont le nombre s’accroît. Cela passe par une aide apportée aux réfugiés mais aussi aux gitans, notamment par la collecte de jouets, la distribution de nourritures. Une de leur action a, par exemple, consisté à se rendre à Vienne pour rencontrer de jeunes réfugiés. Le prochain projet de « Most » devrait être la mise en place d’un camp de vacances dans la ville hongroise de Bódvalenke, proche de la frontière Slovaque, marquée par un des taux de pauvreté les plus importants du pays.

Les membres de l’association restent très lucides et se savent à contre courant de l’avis général concernant les réfugiés. Cela donne l’impression à Márk Takáts d’un certain retard au niveau des mentalités.

« C’est comme si la Hongrie était un vieux monsieur conservateur »

Il y aurait en effet, dans le pays, une certaine crainte de voir les valeurs hongroises et chrétiennes détruites, les travailleurs nationaux remplacés par des étrangers. La capitale hongroise est marquée par de nombreuses affiches dont les slogans gouvernementaux xénophobes adressés à Bruxelles, que seuls les magyarophones (parlant la langue hongroise, ndlr) sont capables de comprendre. Pour le groupe de jeunes, les réfugiés sont pourtant les plus heureux d’occuper même les pires job en Hongrie.

Par la création de cette association, qui tend à s’officialiser, la vingtaine de membres de l’association semble vouloir défendre une vision nouvelle de l’étranger et de l’autre. Ils sont pour la plupart étudiants au lycée juif Lauder Javne qui développe un enseignement libéral et progressiste, accueillant une jeunesse relativement aisée entre ses murs. La véritable force de l’association réside pourtant, selon Márk, dans la diversité des membres de l’association, issus d’origines, de milieux socio-professionnels et de religions différentes. Leur jeunesse en est aussi partie intégrante.

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Informing young Hungarians about volunteering and helping refugees, it’s the aim of the Hungarian new association « Most ». Meeting with Márk Takáts, 18 years old, founder member of the organisation.

The associative environment has to be cool and fulfilling, according to Márk Takáts. He tries to extend this idea and has accepted to present his association « Most » – « Now » in Hungarian. It has been created in november by two of his friends : Séra Domonkos and Dániel Lakatos. Marked by the arrival of refugees in Budapest and the reaction of Victor Orbán to limit the flow, they have chosen to mobilize and have solicited their friends. An unusual choice in a country marked by an anti-refugee sentiment. In addition, the associative sector is not noticed for its dynamism whereas hours of volunteering have become mandatory to validate the Education Certificate. In fact, it has contributed to make this practice boring for students.

For the moment, the association has a limited scope in the capital but they are not constrained by a lack of resources and vitality. The number of actions and members gradually increase. They are helping refugees and gipsies by distribution of food, toys collection… For instance, this year, they have been in Vienna to meet young refugees. The next project should be to set up a summer camp in the Hungarian city, Bódvalenke, next to the Slovak border. It’s marked by one of the higher poverty rate of the country.

However, the members of the association possess lucid minds, they know their point of view about refugees is quit different from the majority of Hungarians. For Márk Takáts, there is a delay in acting, Hungary is sometimes like an « old man conservative ». There is the fear that refugees are going to destroy Hungarian and Christian values and steal their jobs. By the way, Budapest is marked by some governmental posters whose slogans are xenophobic and address to Brussels. Only Hungarian speakers can understand it. But for the youth group, refugees are the happier to do the worst jobs in the country.

By the creation of the association, it seems that the two dozen people of Most want to defend a new vision of the foreigners. Most of them are students in Lauder Javne Jewish Community school who develop a liberal and progressive education. It’s welcomed quite financially confortable students but, according to Márk Takáts, the real strength of the association is the diversity of its members, who have different religions, social and ethnic backgrounds. The youthfulness also has its importance.

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Lauriane Letournel

Rédactrice l’Époque et vice-présidente de Sciences Po Rennes TV.
Étudiante à l'IEP de Rennes et photographe.

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