La sonde Juno est arrivée en orbite autour de Jupiter pour en étudier les mystères

(©NASA)
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LLancée il y a très exactement 5 ans, la sonde Juno, développée par l’agence spatiale américaine (NASA), s’est ancrée dans l’orbite de la planète Jupiter, ce 5 juillet 2016 à 5h18 (heure française). Le voyage parcouru par Juno représente 2.800 millions de kilomètres. Le but de cette mission : comprendre le fonctionnement de Jupiter, et parallèlement mettre au jour quelques secrets quant à la formation de notre Système solaire. C’est la deuxième fois qu’une sonde se fixe en orbite de Jupiter, la précédente étant Galileo, en 1995.

Le déroulement de l’opération faisait l’objet d’un suivi sur les comptes Twitter officiels de la NASA. « De Jupiter à la Terre : merci à toute l’équipe de m’avoir guidée jusqu’à l’orbite. Et maintenant, place à la science ! » peut-on lire sur le compte NASA’s Juno Mission. Sur celui de la Nasa, une vidéo où l’on peut voir l’équipe folle de joie est accompagnée de ce message : « Juno est maintenant en orbite autour de Jupiter, prête à déverrouiller les secrets de la planète ».

Jupiter livrera enfin ses mystères

Comme l’a rappelé Charlie Bolden, le directeur de la NASA, cette mission a deux buts.

Il s’agit dans un premier temps d’étudier la magnétosphère de Jupiter, avec les gigantesques aurores boréales qui en émanent, et qui sont les plus intenses de tout le Système solaire. Mais la mission se doit aussi de rapporter des informations sur la composition interne de la planète. En effet, son atmosphère profonde n’a jamais pu être étudiée. Ainsi, nous ne savons même pas si Jupiter possède un noyau : la planète possède t-elle un coeur sous forme de roche, ou de gaz ?

Si la structure interne de Jupiter n’a jamais pu être observée jusqu’à maintenant, c’est bien parce que c’est une mission particulièrement dangereuse pour la sonde qui est envoyée. Le champ magnétique de la géante gazeuse est puissante : sa rotation est rapide, et la couche d’hydrogène qui recouvre 90% de la surface de la planète agit comme un conducteur électrique, les électrons y étant propulsés quasiment à la vitesse de la lumière.

Pour cette mission périlleuse, Juno est donc équipé d’une armure en titane. Une protection qui est plus que de rigueur afin d’éviter la détérioration des instruments de mesure, puisque Juno va être la première sonde à s’approcher aussi près de Jupiter, à 4.700 km du sommet des gaz de la planète. L’armure en titane de 1cm d’épaisseur réduira donc de 800 fois la portée des radiations sur Juno. Qui plus est, la trajectoire de la sonde a été spécifiquement calculé pour suivre l’itinéraire le moins dangereux possible.

Le système solaire se révélera aussi

Le sujet de cette mission ne concerne pas seulement la géante gazeuse. Jupiter n’est pas n’importe quelle planète : cela aurait été la première à se former au sein du Système solaire, c’est la plus grande (318 fois plus massive que la Terre)  mais aussi la plus ancienne. Ainsi, son étude pourrait lever le voile sur certains secrets qui entourent la condition primordiale du Système solaire, et la formation des autres planètes.

Jupiter est formée d’hydrogène et d’hélium, des éléments en commun avec le Soleil. La planète se serait donc formée avec ce qui restait de la nébuleuse originelle, un nuage de gaz et de poussière stellaire, qui nous a servi de berceau, après que le Soleil en est absorbé la majeure partie. C’est la raison pour laquelle on estime que la géante gazeuse est la première construction planétaire du Système solaire. L’étude approfondie de Jupiter pourrait alors aider les scientifiques à comprendre comment cette formation a vraiment eu lieu.

Pour l’anecdote, les scientifiques ont placé à l’intérieur de Juno trois statuettes Lego en aluminium : le dieu Jupiter et son épouse Junon, tirés de la mythologie romaine, et Galilée – le fameux savant du XVIIe siècle qui a fait de nombreuses découvertes sur les lunes de Jupiter.

©NASA
©NASA

Le nom de la sonde n’est d’ailleurs pas choisi au hasard. Si l’on en croit la mythologie romaine, la déesse Juno est la seule à avoir été capable de percer les nuages que le dieu Jupiter avait placé autour de lui. Cela fait étrangement écho à l’objectif de la mission.

Juno finira son périple le 20 février 2018, par sa destruction pure et simple dans les gaz de Jupiter, par soucis de protection de l’environnement spatial.

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