Interview • La vie de Nicolas Dubreuil, un aventurier français vivant au Groenland

Nicolas Dubreuil, au festival Étonnants Voyageurs 2016. (Photo ©L'Époque/Marcus Dupont-Besnard)
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PPartir explorer les quatre coins du monde est une chose, mais pour aller s’y installer il faut encore davantage une âme d’aventurier. Nicolas  Dubreuil est un explorateur français contaminé par le virus de l’aventure depuis ses 18 ans. Après avoir posé sa tente dans divers coins polaires, de l’Alaska à la Sibérie, il décide de poser ses valises à Kullorsuaq, un petit village situé à la Baie de Melville, au Groenland. Même s’il n’est pas présent toute l’année, car il continue ses expéditions, il est progressivement devenu un habitant à part entière de Kullorsuaq, participant même ux activités du village quand il le peut.

Nicolas Dubreuil a sorti plusieurs livres pour raconter ses aventures. Lorsque nous l’avons rencontré en mai 2016 au festival Étonnants Voyageurs, il venait de sortir son ouvrage « Akago, ma vie au Groenland » chez Laffont.

Pourquoi être parti vivre au Groenland ?

C’est d’abord une douce folie, qui a commencé très jeune, il y a 25 ans, me poussant à faire des expéditions polaires en kayak, à ski, en traineau, et de plus en plus loin. La vie, ensuite, d’elle-même, m’a guidé vers l’extrême du Groenland, dans ce petit village de Kullorsuaq, qui est le village le plus isolé de tout le Groenland.

Que se passe t-il dans ce village ? Qu’est-ce que vous racontez dans votre dernier livre, « Akago » : des anecdotes, des parcours de vie ?

Ce livre, c’est un ensemble de portraits. J’ai voulu donner la parole à tous ces groenlandais pour qu’ils parlent d’une notion complexe qui est pour eux très différente de la nôtre : l’avenir. Pour nous, l’avenir cela revient à se projeter sur dix ou quinze ans… eux, l’avenir, c’est demain, « akago ». Survivre jusqu’à demain, c’est déjà beaucoup. Ce dont je voulais témoigner, c’est de ramener leur point de vue : qu’est-ce qu’ils attendent de demain, quelles sont leurs peurs et angoisses. On s’aperçoit justement que leurs joies et angoisses sont bien autres que celles que l’on imagine ici en Europe.

Elles sont peut-être plus terre-à-terre, davantage dans le « sur-vivre » ?

Tout à fait. Nous, notre peur, c’est typiquement le réchauffement climatique, et on imagine que les régions polaires sont les premières touchées, et que donc cela va être leur soucis premier… et bien non ! Leur principal soucis, par exemple, c’est la lutte contre le suicide des jeunes. Le village de Kullorsuaq où j’habite, c’est celui qui a le triste record du plus grand nombre de suicides de jeunes.

Comment vous ressentez votre vie là-bas ?

J’ai ma maison là-bas, mais je fais aussi des expéditions dans d’autres pays de l’Arctique. Donc je suis 6 mois par an dans ce petit village. Je ne suis donc pas un groenlandais, mais cette façon de passer dans le village me permet de témoigner du temps qui passe. Cela fait 25 ans que j’y habite, donc 25 ans que je vois les changements, que je note, j’observe.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’en parler sous la forme d’un livre ?

C’est très difficile, si ce n’est impossible, d’en parler à la télévision, où on ne peut parler que des problèmes dont tout le monde veut entendre parler, comme le réchauffement climatique. C’est un vrai problème, mais ce n’est pas le soucis de ces régions. Le livre est un véritable témoignage, c’est une photo d’un instant.

Vous comptez y rester encore longtemps ?

J’espère le plus longtemps possible, c’est mon refuge !

« Akago, ma vie au Groenland » est sorti le 21 avril 2016 aux éditions Robert Laffont.
Notre interview est aussi disponible en version radiophonique sur le site de Radio Laser 95.9FM.
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