Politique hebdo • Et si l’Europe changeait après 2017 ?

Image d'illustration. (©ALAIN JOCARD / AFP)
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LLes britanniques sont partis, c’est un fait. Mais l’épisode fâcheux pourrait paradoxalement servir la construction européenne. Le Brexit est loin d’être la première crise que traverse l’Europe. Un électrochoc tel que le départ du Royaume-Uni peut avoir deux types conséquences sur l’Union Européenne : l’entraîner vers sa chute ou être le point de départ d’une nouvelle réflexion.

En France presque toute la classe politique s’accorde sur la nécessité de réformer une Europe défaillante. Mais si le constat d’une Europe malade est relativement partagé, le remède pour la soigner n’est pas le même pour tout le monde.

La question européenne ne suscite habituellement que peu l’intérêt des peuples. Pourtant, elle est cette fois plus que jamais sur la table de la prochaine campagne présidentielle. Rarement les critiques auront été si nombreuses, jamais les propositions n’auront été si multiples. Comme si les dirigeants semblaient, avec le Brexit, s’inquiéter de la cote d’amour des français pour l’Europe. L’offre politique est variée : chaque candidat semble porter son projet européen. (Très) rapide tour d’horizon.

Des visions multiples de l’Europe pour 2017

François Hollande a pris acte de l’hostilité des peuples à l’évolution de l’Europe depuis plusieurs années : “l’immobilisme serait la dislocation de l’Europe”. Après le Brexit le président de la République souhaite recentrer l’attention de l’Europe sur quelques sujets essentiels comme la protection des frontières, la défense ou l’harmonisation fiscale. Problème : après plus de quatre ans passés à l’Elysée,  il semble être un tard pour penser à changer l’Europe.

Rédiger un nouveau traité à 27 : c’est l’idée de Nicolas Sarkozy pour  changer la politique européenne en recentrant le débat sur la sécurité, la nécessite de rendre l’Europe plus efficace sur le plan économique. L’ancien chef de l’Etat souhaite même faire adopter ce nouveau traité par référundum : « Je crois qu’il ne faut pas avoir peur du peuple: si l’idée européenne, on n’y croit pas et si elle ne supporte pas l’épreuve du référendum, c’est qu’on fait fausse route”. Une Europe plus démocratique, davantage à l’écoute du peuple ? Problème de légitimité et de crédibilité pour un des signataires du traité de Lisbonne (malgré la victoire du NON en 2005).

La majorité des socialistes et des Républicains sont profondément attachés à l’Europe et veulent la conserver à tout prix. Comme pour une majorité de français, l’Europe fait désormais parti de leur ADN politique. Ce n’est pas le cas d’autres formations politiques, qui, vis à vis de l’Union Européenne, ont depuis longtemps adopté une stratégie de rupture.

Pour Jean-Luc Mélenchon, l’Europe, on la change radicalement ou on la quitte. Le candidat à la présidence de la République veut en finir avec cette Europe là. Son bouc émissaire favori, la commission européenne, incarne magnifiquement l’Europe libérale et non démocratique qu’il aime dénoncer. Son principal défi : changer le rapport de force avec l’Allemagne et convaincre Angela Merkel de construire une Europe plus, beaucoup plus sociale. Bon courage !

A l’autre bout de l’échiquier politique, le Front National s’appuie sur le Brexit pour ré-affirmer ses thèses souverainistes. Son idéal : l’Europe des nations. Marine Le Pen tentera sûrement de surfer sur la vague eurosceptique qui déferle sur Europe pour convaincre les français.

En 2017, la France aura finalement elle aussi son référendum sur l’Union Européenne : l’élection présidentielle.  Les français pourront alors choisir leur projet européen. Quand au Brexit, et si les crises étaient le moteur de la construction européenne ?

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