Brexit • Les conséquences du « oui » : les bourses sont en panique

Tableau des changes le 24 juin 2016 à Sydney (©AFP/SAEED KHAN)
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LLe 24 juin 2016 est un jour historique en Europe : le référendum demandant au peuple britannique s’il souhaite partir de l’Union européenne s’est conclu par un « oui » à 51,9%. Et ce, qui plus est, avec une participation élevée, à plus de 72%. Le point sur les conséquences économiques.

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Une onde de choc sur les places de marché

Le milliardaire George Soros avait parlé d’un possible « vendredi noir » pour l’économie britannique en cas de Brexit : c’est chose faite. Le Financial Times révélait ce matin que suite à ce vote, l’agence de notation Standard & Poor’s comptait baisser la note de la Grande Bretagne, lui retirant donc son actuel « AAA ». Le plus flagrant reste cela dit l’état des marchés financiers ce vendredi.

La livre sterling est tombé au matin du vendredi 24 juin à son plus bas niveau depuis 31 ans, en perdant 10% de sa valeur par rapport au dollar. Cette chute est d’autant plus rude que, les sondages prédisant un « non » à la sortie du Royaume-Uni de la zone euro, le marché s’était légèrement emballé et le livre-sterling avait connu l’un de ses meilleurs pics des derniers mois, à 1,50 dollars, alors qu’elle est tombée le vendredi matin à 1,3229 dollar.

L’économie britannique n’est toutefois pas la seule touchée. L’Eurostoxx 50, l’indice boursier qui regroupe toute la zone euro, plongeait en effet de 12%. Par exemple, la Bourse de Paris a chuté de 8%, et le Dax allemand s’est effondré de 9,8%, tout autant que la Bourse de Madrid, l’Ibex 35, qui chutait de 11,72 %. Pour les banques, le contre-choc est rude aussi. La BNP Paribas chute de 17%, le Crédit Agricole de 17,7% et la Société Générale tombait jusqu’à 21%. Idem pour les banques allemandes : les indices de la Deutsche Bank et de la Commerzbank sont tombés de 17%.

Mais l’onde de choc dépasse l’Europe : les Bourse de Tokyo et de Hong Kong, ouvertes au moment du résultat du référendum, clôturaient en recul de, respectivement, 7,92% et 2,92%. L’erreur des marchés asiatiques est en effet d’avoir misé sur le maintien du Royaume-Uni dans la zone euro.

Joe Rundle, analyste de ETX Capital, résume la situation ainsi :

« Les répercussions du vote vont se faire sentir dans le monde entier. L’ampleur des dégâts est difficile à évaluer mais il sera probablement plus important que tous les événements survenus depuis la faillite de la banque Lehman Brothers en 2008 » 

Le pétrole s’est vu touché par cette déroute boursière, les cours ayant perdu plus de 6% en Asie.

Les valeurs refuges en berne, les banques centrales mobilisées

Le cours de l’or quant à lui, considéré comme une valeur refuge en temps de crise du fait de la sécurité qu’il procure aux investisseurs, a augmenté de 8% suite au vote. Autres valeurs refuges du fait de leur stabilité, les monnaies suisse et japonaise se sont envolées : le yen (Japon) a par exemple gagné 4%.

Les banques centrales sont mobilisées pour remettre de l’ordre dans les marchés. Mark Carney, gouverneur de la Bank of England, a affirmé être prêt à injecter 250 milliards de livres (soit 326 milliards d’euros) de fonds afin d’assurer des liquidités suffisantes pour assurer la stabilité économique du Royaume-Uni. C’est également le cas de la Banque du Japon, qui s’est tout autant déclarée prête à injecter des liquidités pour aider les marchés financiers à retrouver une stabilité.

Un bénéfice économique à long terme pour l’UE ?

Selon plusieurs analystes, cette déroute boursière pourrait être remplacée, dans les mois et années à venir, par un changement positif pour l’économie européenne. En effet, le Royaume-Uni était certes un membre de l’UE constituant une grosse contribution financière au budget de Bruxelles, et son départ a créé un choc économique dans le pays, en Europe et même en Asie. Le lendemain va être difficile pour la Grande Bretagne elle-même, avec de probables chutes des exportations, le retour des droits de douane si les traités ne sont pas rapidement renégociés, etc.

Toutefois, en dehors de toutes ces conséquences négatives, les analystes prédisent quelques bénéfices économiques pour l’Union européenne. Londres constituait une place financière de choix : 40% des sièges sociaux européens des 250 plus grandes multinationales y sont installées du fait de l’attractivité économique du pays. Toutes ces entreprises pourraient pourtant, après ce choc du référendum, déménager ailleurs en Europe.

Par exemple, les constructeurs automobiles verront leurs marges rapidement réduites s’il survenait un retour des barrières tarifaires, ce qui pourra les tenter de se délocaliser dans des places européennes plus bénéfiques pour eux économiquement. Un état d’esprit qui touchera certainement aussi les sociétés de finance, l’industrie, ou encore l’agroalimentaire. D’autres zones de l’UE pourraient alors récupérer des investissements et des emplois

D’un point de vue politique, c’est aussi aux yeux de certains une libération. « Londres a toujours tout refusé et s’est contenté de nous utiliser pour faire son marché » déclare l’eurodéputée Virginie Rozière. Le départ du Royaume-Uni serait donc l’occasion d’approfondir de nombreux aspects jusqu’ici bloqués. « On pourrait profiter de l’occasion pour créer une ressource propre à l’Union afin de remplacer la contribution britannique » propose par exemple Jérôme Creel, économiste à l’OFCE.

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