Interview • Alexandra Echkenazi explore le grand amour de Kennedy dans « Le journal de Mary »

(Photo ©Melania Avanzato)
[:fr]

AAlexandra Echkenazi est journaliste et scénariste. Il y a quelques années, en regardant un documentaire, elle tombe sur l’histoire mystérieuse de Mary Meyer, l’une des maitresses de Kennedy… mais pas n’importe laquelle, puisqu’elle aurait été « le » grand amour de Kennedy. Le journal qu’elle tenait n’a cependant jamais été retrouvé. Alexandra Echkenazi s’attache alors à imaginer ce que pourrait être ce journal. Un roman fascinant entre Histoire et fiction. L’auteure nous raconte sa démarche dans cette interview réalisée à Étonnants Voyageurs 2016.

Qui est Mary, le personne principal de votre roman ?

C’est Mary Meyer, le grand amour de Kennedy, une femme méconnue du grand public, dont j’ai appris l’existence par hasard en regardant une émission il y a quelques années sur les nombreuses maitresses de Kennedy. Le journaliste la décrivait comme son grand amour. A ses initiales, « MM », on pouvait croire que c’était Marilyn Monroe, mais non c’était bien Mary Meyer, une inconnue. Quand j’ai commencé à creuser sur ce personnage, j’ai découvert de nombreuses zones d’ombre, qui m’ont énormément intriguée.

Alors qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire sur cette femme « confidentielle » ?

Ce sont justement tous les secrets qui entourent cette femme. Kennedy l’a rencontré à l’Université, c’est un amour de jeunesse. Il avait 19 ans, elle avait 16 ans. Elle vient d’un milieu très aisé, de la haute société de Washington. Kennedy n’était pas son genre, c’était un parvenu pour elle, et un coureur de jupons. Mary passe donc à autre chose. Elle s’engage dans le mouvement pacifiste, elle est plutôt à gauche. Ce n’est que 20 ans plus tard qu’ils vont se retrouver. Elle est mariée, elle a 3 enfants ; lui aussi est marié, avec Jackie. Mais Mary va vivre un drame, et elle divorce de son mari, puis déménage et se retrouve voisine des Kennedy. Ils retombent l’un sur l’autre… et évidemment la passion va renaître. Sauf que ce n’est pas du tout le bon moment, parce que lui va rentrer dans la course à la présidence.

« Le journal de Mary » est plutôt un roman historique, ou un roman de fiction sur une base historique ?

Je suis partie d’événements réels, qui ont été avérés par divers documents d’enquêteurs américains. Mais j’ai écris un « journal », on est dans la tête du personnage, donc on est dans de la fiction. Ce journal est entrecoupé de lettres de Kennedy… beaucoup de lecteurs pensent que ce sont de vraies lettres, mais non, elles sont bel et bien fictives. Cela reste un roman.

C’est votre métier de journaliste vous a donné la possibilité d’écrire sur un tel sujet ?

Je pense qu’en effet c’est ce métier qui m’a amené vers ce sujet. J’ai été intriguée en tant que journaliste au départ. Il faut préciser que Mary va être assassinée un an après lui, d’une balle dans la tête et d’une balle dans le dos, donc a priori par un professionnel. C’est un mystère jamais résolu, un « cold case », ce qui est forcément intriguant pour un journaliste. Mais au fur et à mesure que je faisais des recherches sur cette femme, je comprenais qu’on ne peut pas vraiment en faire un article de presse. C’est une vieille histoire, et tout ce qui est avéré est déjà sorti. En revanche, on se sait pas qui elle est, quelle était sa personnalité, comment cet amour s’est vécu. Une fois qu’on a dit qu’ils ont eu une histoire, qu’elle est allée à la Maison Blanche (elle y a passé des nuits !), ce qui est intéressant c’est de raconter comment ça s’est passé, et ça c’est du domaine de la fiction.

Mary est féministe et pacifiste. Est-ce que c’est un roman engagé, à votre image peut-être ?

On peut dire que je suis féministe et pacifiste, mais ces mots n’ont pas le même sens aujourd’hui qu’à l’époque. C’était très moderne. Elle était en avance sur son temps dans cette période pré-68. Elle a fait son 68 en 62 ! C’est une femme qui est avide de toutes les expérimentations, notamment en ce qui concerne les drogues. Il faut se remettre dans le contexte, c’est l’époque psychédélique de la découverte du LSD, qui ne sera interdit qu’en 1966. C’est aussi la période de la libération sexuelle. Ce côté moderne du personnage m’a beaucoup attiré.

Parlez-nous un peu de vous. Comment êtes-vous passée du journalisme à l’écriture ?

J’ai été journaliste pendant 15 ans au Parisien, puis j’ai quitté le journal pour me consacrer à l’écriture. On ne peut pas dire que j’ai « préféré » l’écriture au journalisme, j’avais envie de tenter cette expérience mais ce n’était tout simplement pas possible en étant journaliste à plein temps. J’ai donc d’abord voulu tenter la chose, en faisant les deux en freelance. Mais l’écriture a commencé à bien marcher, j’ai commencé à écrire des scénarios pour la télé (séries et films), et puis cette première entrée dans la fiction m’a donné envie d’écrire ce roman… que je muris depuis plusieurs années.

C’est le même type de sujets que vous traitez dans vos scénarios TV ?

Ce ne sont pas des histoires qui se passent dans le passé, mais c’est vrai que ce sont toujours des épisodes policiers, avec des intrigues, des meurtres à résoudre… il y a ce côté intriguant. En revanche, l’écriture de scénarios m’a permis d’écrire un roman avec des rebondissements, de mettre en haleine le lecteur.

Vous avez des projets de romans pour l’avenir ?

Oui, j’ai déjà une autre idée ! Ce sera peut-être pour dans un an, a priori dans les milieux type espionnage, car j’aime bien ça.

« Le journal de Mary » est disponible aux éditions Belfond.

Version radio de notre interview sur Radio Laser [:]

Abonnez-vous à notre mag

Entrez votre adresse e-mail ici pour recevoir une notification de nos nouvelles publications.

Publicité

Les publicités ne servent qu'à financer l'hébergement de notre site internet, WIDE étant réalisé par des étudiants bénévoles.

Suivez-nous

Rejoignez WIDE sur Facebook et sur Twitter.