L’Euro 2016 face aux hooligans : bilan d’une soirée de violences à Marseille

(Photo ©Reuters/Jean-Paul Pelissier)
[:fr]

Le terrorisme n’est pas la seule menace à peser sur l’Euro 2016, les dispositifs de sécurité sont là pour parer à l’éventualité des bien connues violences perpétrées par les hooligans : ces supporters fous qui expriment leur joie ou leur mécontentement par la violence, lors d’un match de football.

Afin d’éviter ce type d’échauffourées, il avait été prévu de définir des accès au Vélodrome par deux itinéraires différents pour les russes et les anglais. Mais cela n’a pas suffit à éviter le déclenchement d’affrontements aux terrasses de café.

Un air de guerre civile

Le Vieux Port de Marseille a pris, dans la soirée du samedi 11 juin, des airs de guerre civile. Les affrontements entre les supporters anglais et les supporters russes, face aux forces de l’ordre et quelques français qui plus est, ont été d’une rare violence. On dénombre à l’heure actuelle 35 blessés dont 3 policiers. Dix personnes sont en garde à vue. Un supporter anglais, victime d’un traumatisme crânien, est entre la vie et la mort après avoir reçu des coups de barre de fer.

La séquence de violences la plus importante a opposé 500 supporters, dans une rue adjacente au Vieux Port. Le Vieux Port et les rues de Marseille de sont pas les seuls endroits touchés, les affrontements ont été jusqu’à l’intérieur du stade même. Il y a notamment eu une fusée qui a été lancée par des supporters russes en direction des tribunes anglaises.

En attestent les débris de verre qui jonchent le sol au dimanche matin, les bouteilles de bière étaient vraisemblablement l’arme préférée de ces hooligans, qui lançaient également des chaises trouvées sur les terrasses des cafés, ou s’arrachaient leurs t-shirts. « On est tous très choqués par ce qui s’est passé » rapporte un commerçant à Paris Match avec l’AFP. La plupart des commerçants ont en effet été contraints de fermer leur établissement dans la précipitation pour protéger leur boutique.

Des gaz lacrymogènes

Afin de disperser les supporters, ce sont quelques 250 CRS qui ont été mobilisés, utilisant du gaz lacrymogène en masse et chargeant les émeutiers. Les policiers ont alors eux-mêmes été pris à parti par ces hooligans. Peu après 19h, un hélicoptère a été appelé en renfort, et les gaz lacrymogènes ont été complétés par des canons à eau.

Même après que la majeure partie de la foule se soit dispersée, de nombreux supporters se livraient encore à des courses avec la police, tard dans la nuit. Des affrontements ont également éclatés à quelques kilomètres de là, à Nice, faisant sept blessés.

Dans la presse

« Que ce soit la fête du sport, et non pas la fête de cette violence qui nous a été jetée à la figure et que je condamne » a déclaré sur BFM TV Caroline Pozmentier, adjointe à la sécurité de la Mairie de Marseille. Pour les prochains matchs, la sécurité sera renforcée, plusieurs étant déjà considérés à « haut risque ».

Tôt le dimanche matin, la plupart des quotidiens français et étrangers rapportaient ces faits de violence, et en tentant de comprendre ce qui a bien pu se passer pour que de telles violences aient lieu. Le sociologue Patrick Mignon a par exemple déclaré au Parisien : « affronter les supporteurs anglais, c’est un vrai challenge pour les Russes. […] Les Anglais débarquent à Marseille comme ils iraient à Ibiza, pour faire la bringue. Et si certains d’entre eux s’embrouillent avec des supporteurs russes, qui sont hyper nationalistes, ça peut vite déraper. »

Les analystes, dans les différents titres de presse, affirment en effet que les violences anglaises étaient plutôt une question de circonstance – notamment du fait d’une suralcoolisation attestée par les policiers, tandis que les hooligans russes considèrent cela « comme un sport » si l’on en croit l’analyse dans L’Équipe de Ronan Evain, spécialiste du supportérisme russe. Certains supporters russes étaient en effet carrément armés de couteaux.

L’Équipe titrait d’ailleurs ce dimanche matin, à sa Une : « La honte ». Une expression évidemment très parlante tant ce genre d’événements a le chic pour gâcher la fête…

l'équipe la honte

[:]
#Hashtags

Abonnez-vous à notre mag

Entrez votre adresse e-mail ici pour recevoir une notification de nos nouvelles publications.

Publicité

Les publicités ne servent qu'à financer l'hébergement de notre site internet, WIDE étant réalisé par des étudiants bénévoles.

Suivez-nous

Rejoignez WIDE sur Facebook et sur Twitter.