L’Euro 2016 face au terrorisme : le point sur les dispositifs de sécurité

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Alors que son maintien a pendant plusieurs mois été discuté dans les médias avant d’être confirmé, l’Euro 2016 commencera dans quelques jours. Avec l’arrestation de Grégoire M, un français accusé d’avoir fomenté l’organisation d’attentats visant l’événement, l’inquiétude quant à la menace terroriste est cependant bien présente.

Le recrutement des agents de sécurité supervisé par la DGSI

Si le public attendu pour l’Euro promet d’être conséquent – on attend 7 millions de supporters, le nombre d’agents de sécurité recrutés est à la hauteur de cette ampleur : ils ne seront pas moins de 12 000. Si la plupart sont des agents de sociétés privées (PME), leurs profils ont été passés au crible par la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure). Cette vérification est doublée d’un second contrôle, par la Conseil national des activités privées de sécurité.

Ce qui ressort de ce contrôle n’est pas très rassurant si l’on en croit les révélations de Le Point. En effet sur 3.500 agents passés au crible par la DGSI, 82 d’entre eux sont répertoriés dans la base de donnée Cristina, qui recense des individus susceptibles d’atteinte à la sûreté de l’État, dont certains sont fichés S en tant que menace terroriste potentielle.

Il faut tout de même être prudent sur cette révélation, en précisant que la nature de ce fichier « Cristina » est controversée : selon ce que l’on en sait, une simple poignée de main avec quelqu’un fiché S suffit à y être inscrit, et il est aussi impossible d’en sortir. Il se peut que sur les 82 alertes, peu d’entre elles constituent réellement une menace. Une enquête individuelle est donc actuellement en cours sur ces individus, et si un risque est confirmé leur accréditation sera annulée.

La difficulté de ce recrutement des agents vient aussi du refus de certaines sociétés leaders d’assurer la sécurité de zones particulièrement sensibles, telles que les « fan zones ». Les organisateurs de l’Euro doivent donc faire appel à de plus petites sociétés, qui sont alors obligées de recruter en masse. Cela provoque l’afflux de demandes de cartes professionnelles, et donc cela nécessite un gonflement des effectifs du Conseil national des activités privées de sécurité pour effectuer un contrôle.

Les dispositifs déployés

Au total, dans les dix villes hôtes de l’Euro 2016, on dénombre le déploiement de 90 000 policiers, gendarmes et agents de sécurité. Selon le ministère de l’Intérieur, viendront s’ajouter à cela des militaires de l’opération « Sentinelle » pour sécuriser les transports en commun. Des portiques et des caméras de surveillance ont également été installés dans les lieux sensibles.

En ce qui concerne la problématique des fan zones, ces fameux espaces où des milliers de supporters sont rassemblés, un gigantesque dispositif de pré-filtrage a été mis en place. Par exemple, en ce qui concerne la fan zone de la Tour Eiffel, les voitures seront interdites aux alentours (même dans les parkings souterrains), et le lieu comptera 16 zones de pré-filtrage pour six points d’entrée. A Nice, c’est plus d’un million d’euros qui ont été déboursés pour sécuriser la fan zone.

Avec le filtrage, toute personne qui entrera dans un stade ou dans une fan zone aura nécessairement fait l’objet d’une palpation et d’un contrôle visuel des effets personnels, avec la possibilité d’user de moyens de détection (de métaux, notamment).

Après l’arrestation du français accusé de préparer une quinzaine d’attentats à l’encontre de l’événement, les dispositifs ont été encore davantage renforcés un peu partout en France. A Paris, c’est 3.000 policiers de plus qui ont été mobilisés.

A noter également qu’en plus d’une cellule d’analyse des risques qui tournera H24 7 jours sur 7, une simulation d’attaque terroriste aura lieu ce mardi 7 juin de 20h à 23h à Lyon, place Bellecourt – lieu de la fan zone locale.

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