Récit • « Nous sommes partis fumer des spliffs à Amsterdam, sans argent, sur un coup de tête »

Photo d'illustration.
[:fr]

Récit de voyage à Amsterdam par David.

La semaine de vacances entre amis touchait à sa fin, mais l’appel de l’aventure était encore bien présent. De ce constat, mon amie Chloé et moi avons décidé de rejoindre ceux qui partaient aux Pays-Bas pour le week-end. En une semaine, nous avions cependant trop dépensé pour nous permettre d’y aller avec les moyens de transports conventionnels… ne restait que l’auto stop et le camping sauvage.

C’est ainsi que nous avons tendu nos pouces et nos pancartes vers l’Est, au départ de Rennes.

Des escrocs, de l’attente, mais que du bonheur

Tôt ce matin, un vénérable grand-père nous accepte dans sa voiture pour nous amener à la limite entre l’Ille-et-Vilaine et la Mayenne. Tout semblait normal, jusqu’à ce que notre vieil automobiliste sorte une flasque de rhum, la tendant à ma camarade pour que, évidemment, elle la remplisse. Nous pensions qu’il était juste vieux. Non, il était surtout saoul. Nous arrivons tout de même sains et saufs, à Vitré, où nous sommes pris pour Le Mans, sans encombres cette fois.

Ah, Le Mans ! Méfiez-vous de cette ville si vous voulez faire du stop. Il nous a fallu 3 longues heures, et ce malgré un flot de voitures incessant et un bon spot pour se garer. Il fallait s’y attendre, il n’y avait que des voitures avec des plaques de la région parisienne, et apparemment ils n’aiment pas les auto-stoppeurs. Heureusement, il nous restait un quart de LSD chacun ce qui nous à permis de rire un peu en attendant.

Enfin, une dame nous propose d’aller jusqu’à Rouen, qu’elle nous fait un peu visiter. Vingt minutes après avoir été déposés sur une aire d’autoroute, nous sommes embarqués direction Amiens. C’est le début de 2 heures de galère. Il est presque 18h lorsque l’on décide enfin de nous prendre. Notre hôte au volant passe alors tout le trajet accroché à son téléphone à menacer son interlocuteur : ce n’était pas la joie. Nous arrivons ainsi à Etaing où nous posons la tente un peu à l’écart du bourg pour prendre un repos bien mérité. Alors que le soleil est couché depuis peu, de jeunes garnements allument des feux d’artifices, ce n’est pas du grand spectacle mais c’est agréable pour conclure la première journée de voyage.

Je ne sais si c’est parce-que nous avons levé le camp trop tôt, mais en cette deuxième journée, nous partons dans la mauvaise direction. Une bonne âme nous ramène heureusement sur le « droit » chemin. Notre conductrice est admiratrice du courage qu’il faut pour partir ainsi à l’aventure. Elle nous met en garde contre les mauvaises rencontres que l’on peut faire en stop. Mais pour un tel voyage, il vaut mieux partir du principe que les gens qui s’arrêtent le font pour rendre service. Ce point de vue s’est confirmé dans la voiture suivante qui nous a déposé à Lille sans hésiter à faire un bon détours afin de nous trouver un bon endroit où faire du stop.

À ce moment, un défilé de voiture commence, nous écrivons notre destination sur nos bras tendus, les pouces en l’air. Après une petite heure, nous sommes pris par Daniel l’électricien, en manque de voyages, qui fait lui aussi un détour pour nous permettre de faire le plein de clopes belges pas chères. Merci Daniel, on commençait à être à sec ! Quelques voitures plus tard, nous sommes pris par le plus grand fan de Zac Effron. Qui plus est, son véhicule semble venir du futur étant donné la quantité de technologies qu’il contient. Bien qu’il ne fut pas le plus bavard de nos compagnons de route éphémères, ce trajet était assez amusant.

Nous arrivons ensuite à une aire de repos : enfin un accès au confort, à l’hygiène ! Sur la route, être propre est un luxe qu’il ne faut pas négliger. Ainsi lavés, nous rencontrons deux Hollandais; deux escrocs sympathiques direction Amsterdam, ils nous font tourner leur spliff de candy kush, mais nous demandent de participer aux frais en plein milieu du trajet. C’est une dépense inattendue, personne ne demande d’argent habituellement.

Il est environ 20h lorsque que nous arrivons à Amsterdam, nos deux compères nous ont déposé en plein centre ville avec nos sacs et la tente. Au programme du soir : déambulation! Nous voulons poser nos bagages, mais ce n’est pas possible. Après une galère interminable pour trouver un endroit où se poser, nous décidons de jeter la tente dans un parc un peu à l’écart du centre. Nous nous écroulons, épuisés.

Une nuit à Amsterdam et des coffee shops

Le soleil se lève et moi avec. Je décide d’explorer les environs pendant que Chloé dort encore. Il s’avère que nous avons planté la tente dans ce qui semble être un squat de SDF, car il y a une sorte d’abris de branches, un matelas et des déchets éparpillés mais personne aux alentours. Apparemment il est strictement interdit de faire du camping sauvage ou même de dormir dans sa voiture à Amsterdam, nous partons donc à la recherche d’un camping pas trop cher.

Dans les bus comme le métro, il faut valider son ticket non seulement à l’entrée mais également à la sortie, sinon, il ne sera plus valable… ce qui est plus que dommage vu le prix du ticket. On finit malgré tout par trouver un camping, nous nous installons, prenons une douche, fumons un spliff… bref, le bonheur. Une fois suffisamment heureux, nous allons retrouver nos amis en centre ville pour aller visiter le « cannabis college ».

Après avoir bien discuté avec un français qui y travaille, j’apprends que travailler dans un coffee shop n’est pas une bonne idée pour un français. C’est dommage, j’aurais bien aimé déposer quelques CV, mais ce travail demande d’être fiché comme vendeur de stupéfiant, ce qui revient à être considéré comme un dealer de drogues en France.

Il nous fait ensuite visiter le sous-sol où quelques beaux pieds de ganja poussent sous de puissantes lampes. S’en suit le test des vaporisateurs, une méthode pour fumer son herbe sans pour autant la bruler, c’est donc une méthode moins dangereuse pour les poumons. Autant vous dire qu’après tout ça, nous étions tous plutôt « heureux » lors de notre promenade citadine qui s’en suivie.

En milieu d’après midi, nos amis prennent la route pour rentrer en France. La ballade continue pour nous jusqu’au camping pour un petit repas, et nous partons à l’assaut de la vie nocturne hollandaise. L’ambiance est quelque peu plus éthylique que la journée, le centre historique est bondé de touristes titubants mais la joie collective est de la partie. On peut comprendre l’agacement des habitants qui doivent supporter le bruit, et la foule qui ne facilite pas les déplacements.

Nous goutons la Liberty Haze dans un coffee, avant de nous perdre dans la ville. Nous arrivons donc par hasard dans le fameux quartier rouge, ce qui de mémoire de visiteur ne doit pas être la rue la plus réputée de la ville. Nous retrouvons finalement notre route et rentrons par le dernier bus, un peu fatigués par une journée de marche et de fumette avec la satisfaction du narco-touriste accompli.

Les galères et belles rencontres du retour

Le lendemain suivit à peu près le même programme jusqu’au moment de commencer la route du retour. Au Pays Bas, pour faire du stop il existe des « liftersplaatsen » ou « places pour autostoppeur ». Le problème est déjà d’y arriver… il n’y en a pas à tous les coins de rue, et ils sont bien-sûr éloignés du centre ville. Nous attendons, nous attendons, encore et encore, malgré le fait que nous soyons habillés correctement et que nous ayons des bouilles sympathiques, ce qui est important pour faire du stop (c’est la première impression qui compte pour être accepté dans la voiture de quelqu’un qui ne nous connait pas).

Au bout de quelques heures, l’impatience nous pousse à avancer par nous-mêmes afin de trouver un meilleur emplacement. Sortir d’une grande ville comme Amsterdam est un enfer. De nombreuses petites villes sont agglomérées autour et les accès à l’autoroute que nous longeons par la petite route adjacente sont peu nombreux. Au moins, les alentours sont agréables, nous passons par des parcs et de jolis quartiers mais le poids des bagages nous ralentit et nous épuise vite, d’autant que le soleil commence à être assez bas. Il va falloir trouver un endroit où passer la nuit.

Éreintés, nous arrivons à coté d’un quartier d’habitation autour d’un square où passe une rivière. Une pause s’impose. Je demande à une habitante si je peux remplir la bouteille d’eau chez elle et si elle connait un endroit où poser notre tente. Elle me dit de patienter, elle va demander à ses voisins si nous pouvons dormir dans le square. Un peu plus tard, elle revient nous voir et nous propose de nous emmener sur un terrain parfait pour un camping, nous acceptons immédiatement d’autant plus qu’elle nous faisait sortir de la ville et de la galère.

Elle et son mari sont les gens les plus gentils que nous ayons rencontré durant le voyage, la conversation était très facile avec eux. Après un quart d’heure de route nous découvrons un lac autour duquel une sorte de parcours sportif était occupé par une horde d’enfants. Quelques barbecues naissaient dans différents coins du parc. Une fois la tente montée, nous avons entendu des notes de musique au loin. En s’approchant, nous nous sommes alors retrouvés face à une petite foule de jeunes réunis autour d’un DJ, d’enceintes et de rap à l’ancienne. Nous ne restons pas longtemps, fatigués par les mésaventures de la journée. Nous partons vite nous coucher.

Dure journée que celle d’hier, donc. Celle-ci sera t-elle meilleure?

Elle commence par une douche bien glacée en extérieur. Les bagages sont pliés et nous sommes bien déterminés à bien avancer aujourd’hui. Nous sortons du parc, longeons un peu l’autoroute jusqu’à un pont y donnant accès, mais il ne semble pas y avoir beaucoup de monde à passer par ici. Trois quart d’heures plus tard quelqu’un s’arrête enfin, pas de chance toutefois car une voiture de police arrive quand nous montons. Il nous font la morale, nous en apprennent un peu sur la loi hollandaise en matière d’autostop en particulier sur les liftersplaatsen, mais nous laissent partir sans encombres.

Une petite pause déjeuner sur une aire d’autoroute près d’Utrecht, et nous voilà de nouveau embarqués, pour Breda, avec deux jeunes filles en route pour les vacances. Nous sommes proches de la frontière belge maintenant, et c’est rapidement que nous tombons sur un couple franco-hollandais qui nous font traverser toute la Belgique d’une traite. Ils nous déposent à une station service non loin de Lille où nous nous permettons une petite pause pour discuter avec d’autres autostoppeurs.

Deux parisiens nous déposent ensuite à Arras, car nous voulons éviter la région parisienne. Ils sont sympas, et sont bien tentés par une aventure comme la nôtre. La pluie commence à tomber, ça ne nous facilitera pas la tâche. Un peu d’attente est nécessaire, mais nous commençons à être habitués. Un normand nous prend ensuite direction Caen. Le trajet est un peu long et notre conducteur est méfiant à l’idée que l’on puisse lui dérober des objets.

Pourtant, c’est généralement les autostoppeurs qui courent le risque de se faire voler des affaires, il est rare que ces derniers aient de mauvaises intentions. La philosophie du stop, c’est avant tout de rendre service, pas de profiter des autres. Au fur et à mesure du trajet, notre conducteur se détend et nous propose même quelques cigarettes. Nous nous arrêtons tout les trois dans un kebab où nous partageons un repas copieux. Il nous dépose à une quinzaine de kilomètres de Caen, puis reprend sa route.

Il est tard et il n’y a pas vraiment d’endroit confortable où poser la tente d’autant plus qu’il pleut encore. Notre choix se porte sur un champ bordé d’une grande haie qui, nous l’espérons alors, nous abritera un peu. Il n’en sera rien mais nous avons tout de même fait près de 700 km dans la journée, ce n’est pas négligeable, nous ne sommes plus très loin de chez nous.

Au moment de quitter la ville le lendemain, un déluge s’abat et nous voilà trempés avant même d’avoir commencé à attendre. Les autochtones ne semblent pas se préoccuper de nous et continuent leur route. Voilà qu’une voiture s’arrête après une bonne heure, des hippies, et pas des moindres. Ce vieux couple vit en autonomie, ils n’ont pas travaillé depuis des années et se débrouillent très bien. Très gentils, il font un gros détour et nous déposent directement devant l’appartement de Chloé.

Pour ma part le voyage n’est pas finit, il reste encore une vingtaine de kilomètres. Je suis vite pris, mais l’aventure se finie par une petite marche à pied. Me voici rentré, mais j’ai déjà envie de repartir pour de nouvelles aventures improvisées.

[:en]La semaine de vacances entre amis touchait à sa fin, mais l’appel de l’aventure était encore bien présent. De ce constat, mon amie Chloé et moi avons décidé de rejoindre ceux qui partaient aux Pays-Bas pour le week-end. En une semaine, nous avions cependant trop dépenser pour nous permettre d’y aller avec les moyens de transports conventionnels… ne restait que l’auto stop et le camping sauvage.

C’est ainsi que nous avons tendu nos pouces et nos pancartes vers l’Est, au départ de Rennes.

Des escrocs, de l’attente, mais que du bonheur

Tôt ce matin, un vénérable grand-père nous accepte dans sa voiture pour nous amener à la limite entre l’Ille-et-Vilaine et la Mayenne. Tout semblait normal, jusqu’à ce que notre vieux automobiliste sorte une flasque de rhum, la tendant à ma camarade pour que, évidemment, elle la remplisse. Nous pensions qu’il était juste vieux. Non, il était surtout saoul. Nous arrivons tout de même sains et saufs, à Vitré, où nous sommes pris pour Le Mans… sans encombres cette fois.

Ah, Le Mans : méfiez-vous de cette ville si vous voulez faire du stop. Il nous a fallu 3 longues heures, et ce malgré un flot de voitures incessant et un bon spot pour se garer. Il fallait s’y attendre, il n’y avait que des voitures avec des plaques de la région parisienne, et apparemment ils n’aiment pas les auto-stoppeurs. Heureusement, il nous restait un quart de LSD chacun ce qui nous à permis de rire un peu en attendant.

Enfin, une dame nous propose d’aller jusqu’à Rouen, qu’elle nous fait un peu visiter. Vingt minutes après avoir été déposés sur une aire d’autoroute, nous sommes embarqués direction Amiens. C’est le début de 2 heures de galère. Il est presque 18h lorsque l’on décide enfin de nous prendre. Notre hôte au volan passe alors tout le trajet accroché à son telephone à menacer son interlocuteur: ce n’était pas la joie. Nous arrivons ainsi à Etaing où nous posons la tente un peu à l’écart du bourg pour prendre un repos bien mérité. Alors que le soleil est couché depuis peu, de jeunes garnements allument des feux d’artifices, ce n’est pas du grand spectacle mais c’est agréable pour conclure la première journée de voyage.

Je ne sais si c’est parce-que nous avons levé le camp trop tôt, mais en cette deuxième journée, nous partons dans la mauvaise direction. Une bonne âme nous ramène heureusement sur le « droit » chemin. Notre conductrice est admiratrice du courage qu’il faut pour partir ainsi à l’aventure. Elle nous met en garde contre les mauvaises rencontres que l’on peut faire en stop. Mais pour un tel voyage, il vaut mieux partir du principe que les gens qui s’arrêtent le font pour rendre service. Ce point de vue s’est confirmé dans la voiture suivante qui nous a déposé à Lille sans hésiter à faire un bon détours afin de nous trouver un bon endroit où faire du stop.

À ce moment, un défilé de voiture commence, nous écrivons notre destination sur nos bras tendus, les pouces en l’air. Après une petite heure, nous sommes pris par Daniel l’électricien, en manque de voyages, qui fait lui aussi un détour pour nous permettre de faire le plein de clopes belges pas chères. Merci Daniel, on commençait à être à sec ! Quelques voitures plus tard, nous sommes pris par le plus grand fan de Zac Effron. Qui plus est, son véhicule semble venir du futur étant donné la quantité de technologies qu’il contient. Bien qu’il ne fut pas le plus bavard de nos compagnons de route éphémères, ce trajet était assez amusant.

Nous arrivons ensuite à une aire de repos: enfin un accès au confort, à l’hygiène ! Sur la route, être propre est un luxe qu’il ne faut pas négliger. Ainsi lavés, nous rencontrons deux Hollandais; deux escrocs sympathiques direction Amsterdam, ils nous font tourner leur spliff de candy kush, mais nous demandent de participer aux frais en plein milieu du trajet. C’est une dépense inattendue, personne ne demande d’argent habituellement.

Il est environ 20h lorsque que nous arrivons à Amsterdam, nos deux compères nous ont déposé en plein centre ville avec nos sacs et la tente. Au programme du soir: déambulation! Nous voulons poser nos bagages, mais ce n’est pas possible. Après une galère interminable pour trouver un endroit où se poser, nous décidons de jeter la tente dans un parc un peu à l’écart du centre. Nous nous écroulons, épuisés.

Une nuit à Amsterdam et des coffee shops

Le soleil se lève et moi avec. Je décide d’explorer les environs pendant que Chloé dort encore. Il s’avère que nous avons planté la tente dans ce qui semble être un squat de SDF, car il y a une sorte d’abris de branches, un matelas et des déchets éparpillés mais personne aux alentours. Apparament il est strictement interdit de faire du camping sauvage ou même de dormir dans sa voiture à Amsterdam, nous partons donc à la recherche d’un camping pas trop chère.

Dans les bus comme le métro, il faut valider son ticket non seulement à l’entrée mais également à la sortie, sinon, il ne sera plus valable… ce qui est plus que dommage vu le prix du ticket. On finit malgré tout par trouver un camping, nous nous installons, prenons une douche, fumons un spliff… bref, le bonheur. Une fois suffisament heureux, nous allons retrouver nos amis en centre ville pour aller visiter le « cannabis college ».

Après avoir bien discuté avec un français qui y travaille, j’apprends que travailler dans un coffe shop n’est pas une bonne idée pour un français. C’est dommage, j’aurais bien aimé déposer quelques CV, mais ce travail demande d’être fiché comme vendeur de stupéfiant, ce qui revient à être considéré comme un dealer de drogues en France.

Il nous fait ensuite visiter le sous-sol où quelques beaux pieds de ganja poussent sous de puissantes lampes. S’en suit le test des vaporisateurs, une méthode pour fumer son herbe sans pour autant la bruler, c’est donc une méthode moins dangereuse pour les poumons. Autant vous dire qu’après tout ça, nous étions tous plutôt « heureux » lors de notre promenade citadine qui s’en suivie.

En milieu d’après midi, nos amis prennent la route pour rentrer en France. La ballade continue pour nous jusqu’au camping pour un petit repas, et nous partons à l’assaut de la vie nocturne hollandaise. L’ambiance est quelque peu plus éthylique que la journée, le centre historique est bondé de touristes titubants mais la joie collective est de la partie. On peut comprendre l’agaçement des habitants qui doivent supporter le bruit, et la foule qui ne facilite pas les déplacements.

Nous goutons la Liberty Haze dans un coffe, avant de nous perdre dans la ville. Nous arrivons donc par hasard dans le fameux quartier rouge, ce qui de mémoire de visiteur ne doit pas être la rue la plus réputée de la ville. Nous retrouvons finalement notre route et rentrons par le dernier bus, un peu fatigués par une journée de marche et de fumette avec la satisfaction du narco-touriste accompli.

Les galères et belles rencontres du retour

Le lendemain suivit à peu près le même programme jusqu’au moment de commencer la route du retour. Au Pays Bas, pour faire du stop il existe des « liftersplaatsen » ou « places pour autostopeur ». Le problème est déjà d’y arriver… il n’y en a pas à tous les coins de rue, et ils sont bien-sûr éloignés du centre ville. Nous attendons, nous attendons, encore et encore, malgré le fait que nous soyons habillés corectement et que nous ayons des bouilles sympatiques, ce qui est important pour faire du stop (c’est la première impression qui compte pour être accepter dans la voiture de quelqu’un qui ne nous connait pas).

Au bout de quelques heures, l’impatience nous pousse à avancer par nous-mêmes afin de trouver un meilleur emplacement. Sortir d’une gande ville comme Amsterdam est un enfer. De nombreuses petites villes sont agglomérées autour et les accès à l’autouroute que nous longeons par la petite route adjacente sont peu nombreux. Au moins, les alentours sont agréables, nous passons par des parcs et de jolis quartiers mais le poids des bagages nous ralentit et nous épuise vite, d’autant que le soleil commence à être assez bas. Il va falloir trouver un endroit où passer la nuit.

Éreintés, nous arrivons à coté d’un quartier d’habitation autour d’un square où passe une rivière. Une pause s’impose. Je demande à une habitante si je peux remplir la bouteille d’eau chez elle et si elle connait un endroit où poser notre tente. Elle me dit de patienter, elle va demander à ses voisins si nous pouvons dormir dans le square. Un peu plus tard, elle revient nous voir et nous propose de nous enmener sur un terrain parfait pour un camping, nous acceptons immédiatement d’autant plus qu’elle nous faisait sortir de la ville et de la galère.

Elle et son mari sont les gens les plus gentils que nous ayons rencontré durant le voyage, la conversation était très facile avec eux. Après un quart d’heure de route nous découvrons un lac autour duquel une sorte de parcours sportif était occupé par une horde d’enfants. Quelques barbecues naissaient dans différents coins du parc. Une fois la tente montée, nous avons entendu des notes de musique au loin. En s’approchant, nous nous sommes alors retrouvés face à une petite foule de jeunes réunis autour d’un DJ, d’enceintes et de rap à l’ancienne. Nous ne restons pas longtemps, fatigués par les mésaventures de la journée. Nous partons vite nous coucher.

Dure journée que celle d’hier, donc. Celle-ci sera t-elle meilleure?

Elle commence par une douche bien glacée en extérieur. Les bagages sont pliés et nous sommes bien determinés à bien avancer aujourd’hui. Nous sortons du parc, longeons un peu l’autoroute jusqu’à un pont y donnant accès, mais il ne semble pas y avoir beaucoup de monde à passer par ici. Trois quart d’heures plus tard quelqu’un s’arrête enfin, pas de chance toutefois car une voiture de police arrive quand nous montons. Il nous font la morale, nous en apprennent un peu sur la loi hollandaise en matière d’autostop en particulier sur les liftersplaatsen, mais nous laissent partir sans emcombres.

Une petite pause déjeuner sur une aire d’autoroute pres d’Utrecht, et nous voilà de nouveau embarqués, pour Breda, avec deux jeunes filles en route pour les vacances. Nous sommes proches de la frontière belge maintenant, et c’est rapidement que nous tombons sur un couple franco-hollandais qui nous font traverser toute la Belgique d’une traite. Ils nous déposent à une station service non loin de Lille où nous nous permettons une petite pause pour discuter avec d’autres autostopeurs.

Deux parisiens nous déposent ensuite à Arras, car nous voulons éviter la région parisienne. Ils sont sympas, et sont bien tentés par une aventure comme la nôtre. La pluie commence à tomber, ça ne nous faciletera pas la tâche. Un peu d’attente est nécessaire, mais nous commençons à être habitués. Un normand nous prend ensuite direction Caen. Le trajet est un peu long et notre conducteur est méfiant à l’idée que l’on puisse lui dérober des objets.

Pourtant, c’est généralement les autostoppeurs qui courent le risque de se faire voler des affaires, il est rare que ces derniers aient de mauvaises intentions. La philosophie du stop, c’est avant tout de rendre service, pas de profiter des autres. Au fur et à mesure du trajet, notre conducteur se détend et nous propose même quelques cigarettes. Nous nous arrêtons tout les trois dans un kebab où nous partageons un repas copieux. Il nous dépose à une quinzaine de kilomètres de Caen, puis reprend sa route.

Il est tard et il n’y a pas vraiment d’endroit confortable où poser la tente d’autant plus qu’il pleut encore. Notre choix se porte sur un champ bordé d’une grande haie qui, nous l’espérons alors, nous abritera un peu. Il n’en sera rien mais nous avons tout de même fait près de 700 km dans la journée, ce n’est pas négligeable, nous ne sommes plus très loin de chez nous.

Au moment de quitter la ville le lendemain, un déluge s’abat et nous voilà trempés avant même d’avoir commencé à attendre. Les autochtones ne semblent pas se préoccuper de nous et continuent leur route. Voilà qu’une voiture s’arrête après une bonne heure, des hippis, et pas des moindres. Ce vieux couple vit en autonomie, ils n’ont pas travaillé depuis des années et se débrouillent très bien. Très gentils, il font un gros détour et nous déposent directement devant l’appartement de Chloé.

Pour ma part le voyage n’est pas finit, il reste encore une vingtaine de kilomètres. Je suis vite pris, mais l’aventure se finie par une petite marche à pied. Me voici rentré, mais j’ai déjà envie de repartir pour de nouvelles aventures improvisées.

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