Portrait • J.J.Abrams : la caméra pointée vers les étoiles

J.J. Abrams est le réalisateur de l'épisode VII de la saga Star Wars.
[:fr]

Le modèle absolu de J.J.Abrams ? Steven Spielberg. Au même titre que cet exemple absolu que représente Spielberg depuis sa jeunesse, Jeffrey Jacob Abrams n’a jamais arrêté d’avoir la tête dans les étoiles. « Fringe », « Star Wars », « Star Trek », « Person of Interest »… le scénariste et réalisateur américain de 49 ans est un ponte de la science-fiction – bien que cela ne soit pas son seul crédo.

Les ressemblances biographiques avec Spielberg sont d’ailleurs souvent notées, car assez frappantes. L’un comme l’autre, ils réalisent à 12 ans leur premier court-métrage. L’un comme l’autre, leur premier travail pour un long métrage se fait à l’âge de 16 ans.  Qui plus est, les deux réalisateurs sont tous deux décrits comme ayant été des enfants particulièrement solitaires.

Avant de devenir l’un des patrons de la science-fiction, J.J. Abrams a commencé dans la romance. Sa première série, « Felicity », raconte les péripéties amoureuses et amicales d’une adolescente qui fait ses premiers pas à l’Université, où elle retrouve son amour d’enfance. Ce feuilleton diffusé sur The WB (ancêtre de The CW) avait reçu une critique particulièrement positive à l’époque, et l’audience fut au beau fixe pendant 4 saisons.

« Alias » et « Lost » : premières séries, premiers succès

En 2001, J.J. Abrams crée sa boite de production, drôlement nommée « Bad Robot ». Cette date coïncide avec la réalisation du pilote de « Alias », une série qui sera commandée et aura droit à 5 saisons. C’est à ce moment qu’il y a un tournant artistique dans sa carrière, créant son premier univers complexe, dans une trame à la sauce espionnage bourrée d’action et au processus narratif original. Le personnage principal, interprété par Jennifer Garner, a marqué le petit écran.

On peut voir dans « Alias » les prémices de tout ce qu’on considère aujourd’hui comme faisant partie du style J.J.Abrams : un amour pour les histoires à ambition mythologique, des personnages complexes et à plusieurs facettes, des femmes d’action peu émotionnelles. Il commence alors sa carrière de « maitre du mystère ».

C’est avec « Lost » que J.J. Abrams se transforme en icône scénaristique de la pop culture. Co-créée avec Jeffrey Lieber et Damon Lindelof, voilà une série culte et incroyablement populaire, dont il est à l’origine sans en être pour autant le showrunner. Cela constitue une première consécration pour ce rêveur plein d’imagination. Si « Lost » se voulait n’être qu’une histoire de survie lors de son élaboration par la chaîne, c’est J.J.Abrams qui va la transformer en série fantastique.

« Fringe », « Star Trek » : son entrée dans la science-fiction

En 2008, après quelques flops (« Six Degrees », « What about brain »), Abrams concrétise une nouvelle série à succès : « Fringe ». Cela constitue sa première série basée explicitement et exclusivement sur la science-fiction, et cette création est d’ailleurs considérée comme une référence du genre. Sur 5 saisons, « Fringe » nous emmène dans les enquêtes d’un groupe spécialisé dans les phénomènes surnaturels. Si ce « plot » est basique, la série en fera un traitement original, très sombre et complexe, et dont le scénario s’élargira constamment, allant jusqu’à parler de mondes parallèles.

Au cinéma, J.J.Abrams est à l’origine la même année d’un film SF : « Cloverfield ». C’est une production à grand spectacle, remportant un succès commercial, mais on ne peut pas dire que « Cloverfield » soit particulièrement marquant. Toutefois, cela va lui permettre de se voir confier le soin d’une franchise bien plus grandiose que cela : « Star Trek ».

Cette série des années 1960 est devenue un monument, un univers qui s’est développé dans de nombreux spin-off et sur grand écran. Ressusciter le capitaine Kirk et Spock dans de nouvelles aventures était un pari très, très, risqué. Le résultat ne fait pas l’unanimité auprès des fans de Star Trek : pour certains d’entre eux, le film de Abrams s’éloigne de l’esprit de la franchise, manquant de fantaisie et d’enjeux, pour faire place à du grand spectacle. Le fait est cependant que le film est un succès, qui sera réitéré avec sa suite « Star Trek : Into Darkness ».

Sur le petit écran, il confirmera son rôle de créateur de science-fiction à travers « Revolution », « Person of Interest » ou « Almost Human ». Le post-apocalyptique – pour la première, et l’intelligence artificielle – pour les deux suivantes, y sont abordés. Idem sur le grand écran, il aura enfin l’occasion de travailler avec Steven Spielberg, en 2011, puisque ce dernier produira son film SF « Super 8 ».

« Star Wars VII », la consécration

Après Star Trek, J.J.Abrams s’est vu confié les manettes d’un film d’une autre franchise faisant office de plus gros monument encore, celui que nous avons sûrement déjà tous vu : le septième épisode de « Star Wars ». Une consécration, qui hisse le réalisateur et scénariste à une place de choix de la pop culture. Rappelons que dans le fandom de la culture geek, il est censé être difficile d’aimer à la fois Star Trek et Star Wars, les fans se livrant à une guerre sans merci pour défendre leur univers préféré. J.J.Abrams représente dorénavant les deux, ce qui peut nous permettre d’affirmer ici que cela d’autant plus de lui un des papas actuels de la science-fiction.

Pour celui qui voulait s’adresser à « une génération qui n’a pas forcément vu Star Wars », le pari est réussi. Le film, en plus d’être un succès commercial, est globalement apprécié autant par la critique que par les fans. Il a aussi réussi à moderniser certains codes de la franchise : notamment le rôle bien plus important qu’ont les femmes dans cet épisode, à l’image de Rey, qui en est tout simplement le personnage principal.

Pour ce septième épisode, J.J.Abrams a tout de même essuyé quelques critiques. Déjà, on ne peut pas dire que la mort de l’un des personnages emblématiques ait ravi tout le monde. C’est d’ailleurs à ce sujet, pour une scène liée à cette mort, qu’il a dû présenter ses excuses, admettant qu’il avait fait une erreur de manque de logique sur une séquence.

La boite mystère

C’est ce que nous disions en parlant de ses séries TV : J.J.Abrams aime le mystère, et cela transparait. C’est pourquoi nous clôturerons ce portrait de carrière par cette vidéo, dans laquelle il explique sa démarche scénaristique, basée sur… une « boite mystère » !

https://www.youtube.com/watch?v=vpjVgF5JDq8[:en]

Le modèle absolu de J.J. Abrams ? Steven Spielberg. Au même titre que cet exemple absolu que représente Spielberg depuis sa jeunesse, Jeffrey Jacob Abrams n’a jamais arrêté d’avoir la tête dans les étoiles. « Fringe », « Star Wars », « Star Trek », « Person of Interest »… le scénariste et réalisateur américain de 49 ans est un ponte de la science-fiction – bien que cela ne soit pas son seul crédo.

Les ressemblances biographiques avec Spielberg sont d’ailleurs souvent notées, car assez frappante. L’un comme l’autre, ils réalisent à 12 ans leur premier court-métrage. L’un comme l’autre, leur premier travail pour un long métrage se fait à l’âge de 16 ans.  Qui plus est, les deux réalisateurs sont tous deux décrits comme ayant été des enfants particulièrement solitaires.

Avant de devenir l’un des patrons de la science-fiction, J.J. Abrams a commencé dans la romance. Sa première série, « Felicity », raconte les péripéties amoureuses et amicales d’une adolescente qui fait ses premiers pas à l’Université, où elle retrouve son amour d’enfance. Ce feuilleton diffusé sur The WB (ancêtre de The CW) avait reçu une critique particulièrement positive à l’époque, et l’audience est au beau fixe pendant 4 saisons.

« Alias » et « Lost » : premières séries, premiers succès

En 2001, J.J. Abrams crée sa boite de production, drôlement nommée « Bad Robot ». Cette date coïncide avec la réalisation du pilote de « Alias », une série qui sera commandée et aura droit à 5 saisons. C’est à ce moment qu’il y a un tournant artistique dans sa carrière, créant son premier univers complexe, dans une trame à la sauce espionnage bourrée d’action et au processus narratif original. Le personnage principal, interprété par Jennifer Garner, a marqué le petit écran.

C’est avec « Lost » que J.J. Abrams se transforme en icône scénaristique de la pop culture. Co-créée avec Jeffrey Lieber et Damon Lindelof, voilà une série culte et incroyablement populaire, dont il est à l’origine sans en être pour autant le showrunner. Cela constitue une première consécration pour ce rêveur plein d’imagination. Si « Lost » se voulait n’être qu’une histoire de survie lors de son élaboration par la chaîne, c’est J.J.Abrams qui va la transformer en série fantastique.

« Fringe », « Star Trek » : son entrée dans la science-fiction

En 2008, après quelques flops (« Six Degrees », « What about brain »), Abrams concrétise une nouvelle série à succès : « Fringe ».

[:]

Loïs Deville

Reporter, étudiante en sociologie, principalement dans le domaine du genre. Également spécialiste de la culture pop et geek.

Poster un commentaire

Cliquez ici pour poster un commentaire

Laisser un commentaire

Abonnez-vous à notre mag

Entrez votre adresse e-mail ici pour recevoir une notification de nos nouvelles publications.

Publicité

Les publicités ne servent qu'à financer l'hébergement de notre site internet, WIDE étant réalisé par des étudiants bénévoles.

Suivez-nous

Rejoignez WIDE sur Facebook et sur Twitter.